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En pleine tempête : guide de survie

En pleine tempête : guide de survie

Vous n’avez pas pu l’ignorer, en début de semaine, le Nord-Est des États-Unis a été frappé par une violente tempête de neige répondant au doux nom de Juno, qui a poussé certaines localités à crier au loup décréter l’état d’urgence. Au final, il ne sera tombé que 20 cm à New York.

Au Nouveau-Brunswick, en revanche, Radio-Canada Acadie a annoncé cette tempête comme toutes les autres : avec sobriété et résignation, en se permettant même des petits commentaires narquois sur son voisin américain bien peu préparé.

Et pendant ce temps, nous, on se demandait de quelle façon le ciel allait nous tomber sur la tête, mi-excités, mi-soucieux, mi-penauds, mi-curieux (à nous deux, ça fait quatre mi-quelque chose. Dora était mi-indifférente, mi-insouciante). Un premier blizzard, ce n’est pas rien, mais tout s’est bien passé, rassurez-vous.

Quelle meilleure occasion de vous faire un topo sur l’avant, le pendant et l’après-blizzard ? Parce que les tempêtes, c’est comme l’attente de la RP et la recherche d’emploi, ça fait partie de l’expérience de l’expatriation au Canada, il faut y passer en gardant le sourire.

Cela dit, il y a tempête et tempête. Les précédentes tempêtes de neige avaient laissé notre cœur de Hauts-Savoyards presque de glace (mais rassure-toi, cher Breton ou Niçois : elles sauront t’émouvoir !), car d’après Météo Canada : une tempête de neige, c’est lorsque 15 cm ou plus de neige sont prévus dans un délai de 12 heures. Rien de bien impressionnant pour qui est né en montagne, donc.

Par contre, le blizzard, c’est quand on s’attend à ce que des vents d’au moins 40 km/h entraînent des réductions généralisées de la visibilité jusqu’à 400 mètres ou moins, en cas de poudrerie, ou de poudrerie avec des chutes de neige, pendant au moins quatre heures. En gros, une autre paire de manches.

Quand il y a blizzard, les conditions sont dangereuses : on ne sort pas pour s’amuser. La plupart des entreprises sont fermées : l’immense majorité des salariés travaillent de chez eux ou chôment, avec ou sans solde. Mardi 27 janvier 2015, l’espace Champlain était fermé, et quand l’espace Champlain est fermé, on peut dire que TOUT est fermé.

Quand il y a blizzard, deux-trois choses sont à retenir :

  • on ne sort pas de chez soi
  • l’électricité peut être coupée
  • l’eau peut être coupée

Partant de là, voyons comment survivre à une bonne grosse tempête hivernale au joli petit blizzard bien cinglant.

Avant

File au supermarché te concocter un placard spécial tempête avec des biscuits apéro, du pain, des biscuits tout court, des fruits secs, du chocolat… Autant d’aliments qui n’ont besoin ni d’être cuits ni d’être réfrigérés (en cas de coupure d’électricité). Mise sur l’aspect réconfortant des aliments, parce que si tu n’as plus l’électricité, on doute très très fort que des branches de céleri et des boîtes de conserve froides te redonne du baume au cœur. Météo Canada préconise des réserves pour 72 heures.

tempête de neige canada nouveauw new brunswick candidats des provinces initiative stratégique résidence permanente juno monctonPas encore au point, notre placard tempête : les saucisses et l’humus, une fois ouverts, on les conserve comment s’il n’y a plus de courant ?!

Rentre tes animaux au chaud, même le chien qui dort dans sa niche d’habitude. Et n’oublie pas le rab de croquettes pour chat, parce que rien de pire qu’un huis-clos avec un chat affamé. Tu pourrais y rester. Sérieusement.

Remplis des bidons ou tes contenants d’eau (au moins 2 litres par personne par jour) pour parer à une éventuelle rupture des canalisations quelque part. Pense aussi aux questions d’hygiène et remplis ta baignoire : avec un seau, elle remplacera ta chasse d’eau.

Équipe-toi d’une lampe de poche, de piles, de bougies, d’allumettes, de bûches si tu as une cheminée… Tout ce qui pourrait faire de la lumière et/ou de la chaleur.

Charge tous tes appareils électroniques utiles et note tous les numéros importants au cas où sur un calepin accessible. Comme Martine, anticipe et préviens tes éventuels clients de la situation, pour ne pas te retrouver comme un rond de flan avec une commande à livrer et une connexion Internet en rade. Comme Martin, appelle ton entreprise pour t’organiser et éventuellement récupérer des documents pour pouvoir travailler de chez toi.

Si le réservoir de ta voiture est presque vide, file le remplir pour éviter qu’il ne gèle, ce serait ballot.

Si vraiment ton employeur est relou et que tu dois aller travailler, prépare un sac avec le nécessaire pour passer la nuit au boulot si jamais tu es coincé. Et une pelle à neige pour le lendemain. De manière générale, au Canada, il est sage d’avoir toujours une pelle à neige sur soi.

Pendant

Reste au chaud ou à la rigueur, va prendre des photos pas loin. Périmètre autorisé : trois mètres autour de la maison, toujours en contact visuel pour ne pas te perdre, c’est très sérieux, surtout si ton garage est loin (dans ce cas, la technique dite « de la corde à linge » mise en œuvre au préalable sera utile).

Garde tes appareils électroniques sur secteur tant que tu peux.

Hiérarchise les aliments à manger en premier selon la disponibilité de l’électricité.

Moque-toi (gentiment) du voisin dont la voiture est ensevelie, du type qui passe en voiture la fenêtre ouverte, des couillons qui font leur footing. Envoie des photos aux amis en France pour les terroriser.

Regarde par la fenêtre en sirotant un bon chai latte et en frissonnant intérieurement à chaque bourrasque, en te disant que tu n’avais probablement jamais vu ça. Et que c’est génial.

Conseils sérieux en cas de coupure d’eau ou électricité :

  • évite d’ouvrir ton frigo ou ton congélateur pour garder les aliments au froid. Si tu as une maison, tu peux les transférer dans une glacière dans ton garage.
  • regroupe toute la famille dans une même pièce pour capitaliser la chaleur humaine (et animale, car il y a fort à parier que tes animaux viendront te coller aussi, les petits opportunistes).
  • ne fais pas ton timide et sollicite tes voisins pour voir s’ils sont dans la même situation ou s’ils ont des conseils. Il y a fort à parier qu’ils aient l’habitude puisqu’ils vivent ça 20 fois par hiver.

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Après

Prévois largement une demi-heure de mou le lendemain pour exhumer ta voiture de sa gangue de neige de glace et de verglas, en repensant aux raisons qui t’ont amené.e au Canada.

Utilise l’eau de la baignoire pour faire une lessive à la main ou tirer la chasse d’eau, histoire de ne pas l’avoir complètement gaspillée.

Invite tes amis pour un apéro avec les denrées périssables de ton placard d’urgence.

Admire l’épaisseur de neige assez inédite (entre 30 et 40 cm, à vue de nez), rigole des pauvres gens dont la voiture est coincée ou la fenêtre ensevelie, et réjouis-toi de toute cette neige sous le soleil…

   _1070130 _1070127  2015-01-28 16.54.34 _1070137Technique de déneigement : tout pousser dans la pelouse, sur les trottoirs… Admirez les monticules en arrière-plan : belle quantité, non ?

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C’est beau, non ?

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Vers la résidence permanente et au-delà (épisode III) : la citoyenneté canadienne

Vers la résidence permanente et au-delà (épisode III) : la citoyenneté canadienne

Sujet propice à une grande confusion chez nos proches, la question de la nationalité canadienne : une fois la procédure terminée, allons-nous obtenir la nationalité canadienne ?

Je vous répondrais bien que si vous aviez lu attentivement tous les articles du blog, vous sauriez que non, nos démarches d’immigration ne nous mènent pas à la nationalité canadienne. Suivez, bon sang, on en avait déjà parlé .

Une petite piqûre de rappel s’impose. Notre procédure d’immigration vise à obtenir la résidence permanente : un permis de travail et de résidence à durée illimitée. La Green Card canadienne, si vous préférez. Sauf qu’ici, c’est la carte de résident permanent. Un peu moins percutant, comme nom. Le service marketing du ministère de l’immigration aurait pu trouver mieux, on est d’accord.

Lorsqu’on est résident permanent, on a des interdictions et des droits. J’imagine qu’on a aussi des devoirs, mais ce n’est pas notre propos aujourd’hui.

L’interdiction de :

  • voter
  • posséder un passeport canadien
  • et d’occuper certains emplois top secret

Et le droit de :

  • bénéficier de l’ensemble des droits des citoyens canadiens et de l’assurance maladie
  • de vivre, travailler et étudier partout au Canada
  • d’être protégés par les lois canadiennes
  • et de demander la citoyenneté canadienne. On y arrive.

Important : pour conserver la résidence permanente, il faut passer l’équivalent de deux ans sur le territoire canadien au cours des cinq premières années de résidence permanente. Sinon, hop, dans un avion et retour à la maison.

Si ici, les immigrés demandent la nationalité française, là-bas, on demande la citoyenneté canadienne. C’est pareil, mais un peu de précision terminologique n’a jamais fait de mal à personne.

La citoyenneté canadienne, à l’instar des antibiotiques, n’est pas automatique et s’acquiert sur demande. Pour pouvoir déposer une demande de citoyenneté, il faut avoir passé très exactement 1095 jours (soit très exactement trois ans) sur le territoire.

Les candidats à la citoyenneté devront alors passer l’examen de citoyenneté en répondant à des questions aussi variées et rigolotes que « Quelle est la signification du coquelicot du jour du Souvenir ? », « Qui était sir Louis-Hippolyte La Fontaine ? » ou encore « Comment les députés sont-ils choisis ? »* Je suis navrée, si vous n’arrivez pas à répondre à ces questions, c’est mal barré pour vous. Ou pour nous, en l’état actuel des choses.

Si on réussit l’examen, on obtient alors la citoyenneté, accordée lors d’une cérémonie de citoyenneté. En tant que Français, nous avons le choix : renoncer à la nationalité française ou cumuler nationalité française et citoyenneté canadienne en devenant Franco-Canadien.

Quant à savoir s’il est intéressant de posséder la citoyenneté canadienne, c’est un choix excessivement personnel. Les immigrés qui envisagent de rentrer au bout de quelques années ne trouveront sûrement pas d’intérêt à cette démarche. Ceux qui comptent s’installer dans ce pays à long terme opteront sûrement pour la citoyenneté canadienne. Quant à nous, nous y réfléchirons une fois écoulée la durée légale minimale nécessaire pour l’obtenir.

* Réponses :

  • Honorer les sacrifices des Canadiens qui ont participé ou sont morts à la guerre, d’hier à aujourd’hui.
  • Le premier ministre de la province est du Canada-Uni de 1842 à 1843 et de 1848 à 1851, ce qui en fait le premier chef de gouvernement démocratiquement désigné à travers l’ensemble du monde colonial, tout empire confondu.
  • Ils sont élus par les citoyens de leur circonscription.

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