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Escapade : un week-end à Halifax

Escapade : un week-end à Halifax

Quand tu as envie de t’évader, mais que les Caraïbes te restent inaccessibles faute d’argent et/ou de congés, une solution : Halifax ! À 2 h 30 de Moncton, cette grande petite ville est parfaite pour un week-end.

escapade à Halifax

Le marché Seaport Farmer Market

Une grande et belle halle qui déborde de vie, de commerçants, de dégustations, de beaux produits, d’artisanat de qualité… On adore ! Tu peux y déjeuner ou petit-déjeuner le samedi et le dimanche, et y trouver en plus des cadeaux gourmands ou non à ramener aux amis.
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C’est aussi là que l’on trouve le musée de l’immigration, au Pier 21, l’équivalent canadien d’Ellis Island. On n’y est pas allés, mais ce sera pour une prochaine fois !

La promenade du port

Plus longue promenade en ponton d’Amérique du Nord, elle va du marché au Casino, en passant par l’office du tourisme, soit la bagatelle de 3 kilomètres aller. C’est une jolie promenade avec un superbe point de vue sur les façades de la ville, et en été, elle doit regorger de terrasses et de promeneurs._1140211 _1140217

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La place de l’hôtel de ville

Depuis le front de mer à la citadelle, la place de l’hôtel de ville offre l’occasion d’une jolie pause. L’hôtel de ville d’un côté, de jolies façades de l’autre, une fresque… que demander de plus ?

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La citadelle

Au sommet de la colline, nos efforts (ça grimpe !) sont récompensés tout d’abord par un petit clocher, puis par la citadelle. L’entrée dans les espaces d’exposition est payante en été (si on a bien compris), mais l’accès aux remparts est gratuit en toute saison, pour admirer la vue sur la ville.

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Traversier jusqu’à Dartmouth

Sauf en été peut-être, je pense que Dartmouth n’a pas grand intérêt. En revanche, le petit trajet en traversier nous en donne pour notre argent (2,5 $ aller-retour), avec la plus belle vue sur la ville. On peut faire l’aller-retour dans la foulée ou prendre un café et se promener le long de l’eau (en prenant garde à l’heure d’expiration du billet).
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 Hydrostone Market

Attention : ceci n’est pas un marché au sens où on l’entend, avec étals de patates et vendeurs de poireaux (« farmers » market). C’est plutôt un petit pâté de maison avec commerces de proximité, très mignon, assorti de rangées de « banlieues-jardins » à l’anglais (sortes de corons plein de verdure), un quartier historique reconstruit après la grande explosion de 1917. Allez-y en bus pour manger ou pour vous balader le long de Gottingen St, qui a quelques boutiques bobo sympas au début de la rue (mais pas grand chose pendant les deux kilomètres suivants).

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La bibliothèque

Sur la rue Spring Garden, en plein cœur du quartier commerçant, se trouve un superbe bâtiment on ne peut plus contemporain : la bibliothèque. Un régal pour les yeux à l’extérieur, à l’intérieur, un usage fabuleux de la technologie au service des visiteurs, des fauteuils-cocons moelleux et même un café au dernier étage et toit végétalisé. Le rêve de tous les rats de bibliothèque, et un excellent endroit où reposer ses pieds entre deux visites.
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Le district commerçant de Spring Garden et Queen

Si le shopping te manque, c’est l’endroit à ne pas rater. Bonus : de jolies façades sur la rue Queen.

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Photo bonus

N’oublions pas que nous sommes en Nouvelle-Écosse


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Où manger

  • Au marché sur le port, évidemment 🙂
  • The Wired Monk : petit café bobo qui sert de la petite restauration pour un déjeuner sur le pouce
  • Uncommon Grounds : café parfait pour le petit-déjeuner, avec un bon bagel à la frittata
  • Talay Thai : excellent restaurant thai avec de bonnes portions, du goût et des desserts fabuleux
  • The Foggy Goggle: pour un bon burger

Où ne pas dormir à Halifax

À l’auberge de jeunesse Halifax Heritage House, qui comme beaucoup d’auberges franchisées HI, sent la chaussette sale et vient avec des punaises de lit.

On attend tes suggestions à Halifax pour une prochaine visite !

 

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Escapade : Thanksgiving dans les vignes de Wolfville

Escapade : Thanksgiving dans les vignes de Wolfville

Ha, l’automne… Ceux qui nous suivent sur Facebook ne doivent probablement plus pouvoir voir cette saison en peinture, tant on s’extasie devant les palettes absolument invraisemblables qui s’offrent à nous.

Mais au-delà des simples feuilles, l’automne, c’est aussi la saison des citrouilles et évidemment… du vin !

Pour en profiter royalement, des amis nous ont embarqué dans un week-end oenologique qui nous a donné l’occasion de faire une petite escapade automnale à quatre heures de Moncton : Wolfville, en Nouvelle-Écosse, et son tour des vignobles en bus à impériale.

Un… bus à impériale ? Farpaitement, et je le prouve :

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L’improbable Magic Winery Bus organise emmène sa troupe de joyeux drilles (car des touristes en goguette dans les vignes ne peuvent être QUE des joyeux drilles) à la découverte de trois ou quatre vignobles au début de la vallée d’Annapolis, réputée pour son vin :

  • le domaine de Grand Pré
  • le domaine l’Acadie
  • le domaine Gaspereau
  • et le domaine Luckett

Faute de temps, nous ne nous sommes arrêtés qu’aux trois premiers, mais c’était bien suffisant. Avec le ticket de bus, chaque vignoble offre une à trois dégustations gratuitement, ce qui amène inévitablement à pas mal d’alcool dans le sang à la fin de la balade. Ajoutez à cela les vins qu’il est possible de déguster en supplément à des prix dérisoires (5 dollars pour quatre verres, par exemple) et auxquels on succombe fatalement, et vous comprendrez qu’il est de bon ton de trouver un hébergement à distance de marche de l’office du tourisme de Wolfville, où se termine la visite.

Non mais dites-nous, comment résister à une dégustation de vin de glace, vin d’érable et porto dans des DÉS EN CHOCOLAT, hein, dites-le-nous ?!

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_1120584_1120573L’Acadie

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Luckett (à défaut de s’arrêter, on l’a aperçu depuis le bus)

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Grand Pré

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Difficile d’en choisir un préféré, et de toute façon avec le bus, vous les visitez tous ou presque. On a quand même apprécié à l’unanimité le domaine L’Acadie, où nous n’étions qu’une dizaine à ce moment, et où le gérant nous a fait l’honneur de venir papoter avec nous et nous raconter des anecdotes, ce qui rend l’expérience d’autant plus intimiste et fascinante.

Le site historique de Grand-Pré, classé au patrimoine de l’UNESCO, est à quelques kilomètres de Wolfville seulement et fait un joli détour. Pour accéder à ce point de vue, passez par le domaine de Grand-Pré pour arriver au panorama à travers les vignes.

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La visite prend un après-midi, ce qui laisse du temps sur le week-end pour découvrir Wolfville, charmante bourgade toute mignonne qui se targue d’avoir une université quand même, et un joli centre-ville coloré._1120652 _1120654 _1120663 _1120672 _1120673

Et évidemment, qui dit automne dit citrouille, et mieux encore : auto-cueillette de citrouilles. À la brouette, vous ne pensiez quand même pas qu’au Canada, les citrouilles ressemblaient aux vulgaires potimarrons de 450 g d’Intermarché ? Le site sur les photos est à proximité du marché de Wolfville, mais il y avait des auto-cueillettes littéralement tous les kilomètres. On vous laisse admirer la taille de ces monstres._1120704_1120688

Idée de logement : Blomidon Inn, à deux pâtés de maison de l’office de tourisme (voir remarque ci-dessus sur le degré d’alcoolémie), superbe manoir victorien à la décoration délicieusement surannée, avec des salons dans lesquels on regrettait ne pas avoir de brandy et de cigares pour se sentir comme de riches héritiers de la fin du XIXe siècle. Le restaurant est excellent aussi, si ce n’est un peu plus cher que nos établissements habituels (25 $ le plat environ), mais pour l’Action de Grâce, on se fait plaisir !

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Magic Winery Bus

Ouvert de mai (?) à la mi-octobre

Départ de l’office du tourisme, Willow Avenue, Wolfville, NS

Environ 20-25 dollars selon le départ dans la journée (trois départs quotidiens)

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Un an au Canada

Un an au Canada

Le 18 octobre 2014, nous nous envolions pour le Canada…

Le 18 octobre 2015, nous y sommes toujours bien !

Nous fêtons aujourd’hui notre premier canadiversaire.

À tous ceux qui nous ont accueillis dans leur vie à Moncton : merci d’être là pour nous, vous faites partie intégrante de notre aventure !

À tous ceux qui sont dans les démarches : courage à vous, on sait que l’attente est longue mais on espère que nos péripéties vous donnent envie de venir nous rejoindre outre-Atlantique !

À vous tous qui nous lisez d’ici ou d’ailleurs : merci d’être toujours fidèles un an après notre installation ! On espère fêter de nombreux autres canadiversaires en votre compagnie.

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Le blog souffle sa deuxième bougie

Le blog souffle sa deuxième bougie

— « Martine, tu sais quel jour on est ?

— Le 2 septembre, pourquoi ?

— C’est une date qui ne te dit rien ?

— Mmmmggfzelkhf…

— Mais si, cherche bien…

— AHHHHH ! Je sais !

— Bah voilà, c’était pas si compliqué.

— C’est l’anniversaire de Keanu Reeves !

— … … *facepalm*

— La fête nationale du Vietnam ! La fondation de l’abbaye de Cluny ! La bataille de Sedan !

— … … *triple facepalm*

— Le grand incendie de Londres ? La déclaration d’indépendance du Haut-Karabagh ? L’anniversaire du décès de J.R.R. Tolkien ? Celui d’Elizabeth Prout ? L’anniversaire… du blog ? L’anniversaire du blog ! Hé j’ai trouvé ! … Ben tu es où ? Reviens ! »

Bref, le blog a deux ans.

L’an dernier à la même date, nous avions reçu plus de 5 600 visites et plus de 14 200 pages avaient été lues. Depuis deux ans, ce ne sont pas moins de 30 000 visites et 70 000 pages lues. Une goutte d’eau dans la blogosphère, des chiffres vertigineux pour nous.
L’an dernier, nous étions gonflés d’orgueil et de fierté. Cette année, la tête nous tourne devant le nombre de personnes qui nous contactent en privé ou souhaitent nous rencontrer lors de leur voyage exploratoire.

Alors un IMMENSE MERCI à vous tous qui nous lisez, qui suivez nos aventures et qui nous encouragez. MERCI, et bon courage à tous !merci blog deux ans nouveau-brunswick chroniques

 

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Les moustiques

Les moustiques

Alfred Hitchcock avait bien compris que les animaux peuvent être source de malaise, voire de terreur. Mais de toute évidence, il ne vivait pas au Nouveau-Brunswick et c’est pourquoi il a très mal choisi le thème de son film le plus célèbre. Il n’aurait pas dû tourner Les Oiseaux.

Il aurait dû tourner Les Moustiques.

1. Extérieur jour. Marais de Chartersville. Vue d’ensemble qui zoome progressivement sur les roseaux et l’eau stagnante.

*Voix off* Les moustiques prennent un repos bien mérité pendant la journée. En prévision de leur nuit de chasse, les femelles s’endorment paisiblement dans les marais qui entourent le Grand Moncton, écrasé par la chaleur estivale.

2. Intérieur jour. Porte d’entrée du Terrier, vue depuis le couloir, Dieppe. Matin.

– Martin ! Maaaaartin ! Tu as vu que notre porte d’entrée a un jeu de trois centimètres au sol ?

– Bah oui, c’est une précaution en cas d’incendie, comme ça la fumée peut déclencher le détecteur du couloir.

– Ah ouais pas con.

3. 1 Extérieur jour. Marais de Chartersville. Le soleil commence à descendre, la lumière devient dorée. Il est 16 heures.

*Voix off* Alors que l’après-midi est bien entamée, les moustiques se réveillent petit à petit. Affamés, ils s’étirent, déplient leurs ailes et se mettent en quête de leur prochain repas.

3.2 Extérieur jour. Fin d’après-midi, sentier riverain, le long de la rivière Chocolat. Martine débarque en courant, les joues cramoisies, essoufflée, en tenue de sport. Elle vient manifestement de dépasser toutes ses limites physiques pendant une course épuisante d’au moins 10 minutes. Elle s’effondre prend une petite pause dans l’herbe fraîche et ferme les yeux.

Elle se relève deux minutes plus tard en jurant. Vingt moustiques ont eu le temps de la piquer. Plusieurs fois chacun. Travelling avant sur son visage incrédule.

3.3 Extérieur jour. Gros plan sur un escadron de moustiques qui volent d’un air déterminé sur La Chevauchée des Walkyries.

*Voix off* Les moustiques n’auront de cesse avant d’être repus. Ils n’ont plus qu’un but, un objectif, une raison d’être. Ce soir, le sang coulera, et ce ne sera pas le leur.

3.4 Extérieur nuit. Terrasse à Moncton, joliment décorée avec ses lampions et ses bougies sur les tables. On devine une douce soirée d’été, mais quelque chose ne va pas. Les convives bougent étrangement. Zoom sur Martin et les autres, qui se frappent les membres à intervalles réguliers.

*nombreux jurons* Travelling avant sur leur visage où l’incrédulité laisse peu à peu place à une crainte indicible.

4. 1 Intérieur nuit. Terrier. Chambre à coucher. La fenêtre est ouverte sur la moustiquaire fixe. Martine débarque en pyjashort en se grattant violemment le bras. Sur sa peau, les piqûres se comptent par dizaines.

– Mon corps n’est plus qu’une piqûre de moustique géante. Heureusement qu’on a ces moustiquaires intégrées, on peut dormir la fenêtre ouverte sans crainte.

4.2 Intérieur nuit. Porte d’entrée du Terrier, vue depuis le couloir.

*Voix off* Leur intelligence les rend redoutables. Pire que ça : ce sont des bêtes féroces, des créatures faites pour tuer. Les moustiques n’hésiteront pas à user de tous les stratagèmes pour pénétrer dans les logements : chassez-les de la fenêtre, ils entreront par dessous la porte. Tout simplement.

5. Extérieur nuit. Dieppe.

*cris d’épouvante qui résonnent sur la ville*

 

Bref, l’été, les moustiques peuvent être sans pitié.

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Le premier retour

Le premier retour

Après neuf mois passés au Canada, rentrer pour la première fois en France est aussi excitant qu’effrayant. Que va-t-on trouver? Ne pas trouver ? Le pays aura-t-il changé ? Sera-t-il resté inexorablement identique ? Et les gens ? Vont-ils être curieux, indifférents, exaspérés, vont-ils comprendre ce que nous avons vécu, réaliser l’ampleur de ce changement de vie ?

On étonne une dame dans l’avion qui nous prend pour une Canadienne parce qu’on lui a dit « Allo » et non « Bonjour », on redécouvre ce que c’est que de ne plus être défini par notre accent, on laisse échapper quelques expressions canadiennes qui étonnent la galerie, on reprend son accent savoyard à la vitesse grand V, on oublie ce que c’est que de vivre en deux langues.

On retrouve l’inefficacité douanière et de la SNCF, on redécouvre qu’un ticket de tram vaut un rein, on se fait insulter par un chauffeur de bus, on soupire au son des klaxons enragés et à la vue de l’anarchie routière, on cale 120 fois en conduisant avec une boîte manuelle, on s’y reprend à sept fois pour faire un créneau dans une place de la taille d’un timbre poste.

Et on prend plaisir à arpenter notre quartier qui a si peu changé, on ose même le délice de traverser en dehors des clous sans défriser qui que ce soit. On a l’impression de n’être jamais partis, on se retisse des habitudes avec une facilité déconcertante, on ne regarde même pas les panneaux, les rues respirent la familiarité.

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Et on sue à gros bouillons alors qu’il fait +375°C lors d’un épisode de canicule urbaine, on se croit sur une autre planète dans la foule d’une station de métro, notre tension remonte légèrement, on redécouvre le charme si particulier des engueulades avec des inconnus qui essayent de nous doubler à la caisse, on se prend des insultes. Et on les rend, parce que c’est comme ça que ça marche en France.

Et on retrouve la boulangerie de notre quartier où on craque sur un chausson aux pommes qui a le vrai goût de beurre, on verse une larme devant le premier plateau de fromages qui croise notre chemin, on se lâche sur les yaourts qu’on n’avait pas vus depuis neuf mois, on dévalise le supermarché de tous ces aliments oubliés, on s’expédie dix kilos de crème de marron, crozets et crêpes au chocolat qui attendront bien sagement notre retour.

Et on ouvre grand les yeux en se souvenant qu’une ville peut être historique et grandiose avec ses vieilles pierres et ses monuments et ses perspectives, on n’en croit ni nos sens ni les perspectives en revenant dans les montagnes à 2300 mètres d’altitude, on visite la Suisse sans montrer son passeport, on redécouvre les tuiles ocre et les façades abricot de la capitale des Gaules et on se croit en Italie, on savoure le son de l’église du village qui sonne toutes les heures, les cigales dans le Sud, le lac, les baignades tous les soirs dans une eau chaude, les montagnes, les montagnes.

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Et on recroise les gens, ces chers gens dont on ne savait pas qu’ils nous avaient manqué, ces gens qui nous hébergent sans forcément nous presser de questions, ces gens qui reprennent la conversation où on l’avait laissée, qui rient, s’enthousiasment, pleurent avec nous comme si neuf mois ne s’étaient pas écoulés, tous ces gens qui ont fait leur bout de chemin eux aussi.

Et on se sent en dehors, observateur extérieur ni d’ici ni de là, comme tous les migrants qui ne savent plus où se trouve chez soi, ici, là-bas, un peu des deux, on se surprend à parler du Canada en disant « nous », on réalise que la France est devenue une belle résidence secondaire où on aura plaisir à revenir de temps à autres, intemporelle dans ses qualités et ses défauts mais qu’il faudra dépoussiérer en arrivant, alors que chez nous, c’est surtout le Canada désormais, et on aime ça.

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Le système du crédit au Canada

Le système du crédit au Canada

Cher lecteur, tu le sais peut-être : en Amérique du Nord, le crédit est roi. Sans crédit, tu n’es personne. Loin d’être stigmatisant socialement comme il peut l’être en France, le crédit est une forme de reconnaissance des capacités de gestion financière, un témoignage du savoir-faire en terme de provisionnement et de remboursement de ses dettes.

En tant que tel, il est donc réservé à une caste d’élus : les Canadiens évidemment, ainsi que les résidents permanents depuis plus de trois à six mois sur le territoire. Avant cela, pas de salut : il faudra retourner à un statut de mineur bancaire, privé de crédit et maintenu dans une demi-tutelle fait de cartes de débit qui, telle la carte Mosaic de tes 16 ans, te permettra de payer en personne et de retirer de l’argent, et c’est tout. Pas de crédit, pas de paiement à distance, pas d’achats sur Internet, rien. Tu auras donc tout intérêt à garder au moins une carte bancaire classique de ton pays d’origine le temps d’arriver aux trois mois fatidiques. [Aparté : on dénomme abusivement les cartes bancaires « cartes de crédit » en France, mais vraiment, ce n’est pas la même chose]

Arrivé.e à ce stade, il te faudra aller retirer un formulaire auprès de ta banque, laquelle transmettra ta demande à son organisme de crédit partenaire. Ton crédit ne dépend pas de tes comptes : c’est MasterCard ou Visa qui te prêtent directement les sommes dépensées. Et c’est à eux que tu rembourses tes dettes.

Certaines cartes de crédit sont payantes, notamment celles qui ont une assurance voyage (ha ! fini le temps de l’assurance voyage automatiquement comprise dans la Visa ou Mastercard la plus classique qui soit), mais d’autres  sont gratuites. Et quand on connaît les frais des opérations bancaires dans le coin, c’est toujours un soulagement. [Ça vaut d’ailleurs son pesant de cacahuètes, les pratiques tarifaires des banques par ici…]

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Quel intérêt d’avoir une carte de crédit ? Celle-ci permet de construire un historique de crédit, véritable dossier de fiabilité personnelle consultable par de trop nombreuses organisations souhaitant vérifier la solvabilité du nouvel arrivant : du fournisseur d’électricité à l’opérateur de téléphonie mobile en passant par la régie immobilière, tout le monde peut consulter cet historique, et gare à qui n’a pas encore eu le temps de se constituer une référence positive en la matière. Ou une référence tout court, d’ailleurs : le malheureux se verra contraint de verser cautions de précaution à tour de bras, payant ainsi sa virginité bancaire en attendant de pouvoir, lui aussi, acheter à crédit.

En plus de garantir la bienséance du titulaire et de lui économiser des cautions intempestives, l’historique de crédit permet de voir grand, et d’obtenir plus facilement des prêts. On ne prête qu’aux riches, surtout s’ils ont déjà démontré qu’ils savaient rembourser leurs dettes. Bâtir un historique de crédit, c’est donc préparer son avenir financier, dettes remboursées après dettes remboursées. Il n’est pas impossible d’avoir un prêt sans celui-ci, évidemment, mais c’est plus dur. Ou il faut être plus riche à la base.

On peut acheter tout et n’importe quoi avec une carte de crédit : du café du coin à un billet d’avion en passant par sa ligne de téléphone… L’important étant de rester dans le seuil autorisé par l’organisme de crédit (pour nous, 1500 dollars). Peu habitués à ce système, nous réservons pour l’instant le crédit aux dépenses fixes et immuables, telle qu’Internet, et aux achats en ligne au Canada, peu fréquents. Quand on rembourse dans les temps, le score de crédit augmente. Il nous semble qu’il existe différents points accordés pour différents types de crédits (charges fixes, grosses dépenses ponctuelles…) mais la façon d’obtenir le meilleur historique de crédit possible reste encore floue.

EDIT pour clarification, car ce système n’est pas clair : le terme « crédit » est employé à mauvais escient (mais c’est le terme officiel). Ce serait plutôt des « achats en différés », le crédit ne s’appliquant qu’aux dépenses non remboursées avant échéance.
Ce n’est pas forcément de l’argent qu’on a déjà. On peut avoir 100 $ sur son compte courant mais dépenser 1500 dollars sur sa carte de crédit, qui sont avancés par MasterCard. Le tout est d’avoir l’argent à l’échéance, qui est fixe pour mieux s’organiser.

Le remboursement des dettes est obscur, lui aussi : sur 300 dollars dépensés ce mois-ci, nous ne devons en rembourser que 10. Pourquoi ? Mystère… Nous sommes néanmoins scrupuleux sur le remboursement du crédit, tout retard entraînant le déclenchement d’un véritable crédit au taux d’intérêt de près de 20 % (!) et la chute de notre cote de crédit. Ce serait dommage de se forcer à emprunter pour constituer un mauvais historique de crédit, n’est-ce pas ?

On en arrive donc à une conclusion un peu ubuesque : dans l’espoir qu’on nous prête de l’argent un jour, il faut emprunter pour emprunter, s’endetter pour le plaisir de montrer que l’on sait gérer son argent avec doigté. Vous comprendrez que nous ne sommes pas du tout convaincus par le système mais les choses étant ce qu’elles sont, nous avalons cette couleuvre absurde et nous constituons un petit historique de crédit dans l’éventualité où, un jour, nous voudrions devenir propriétaire.

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Tranches de vie : avril 2015

Tranches de vie : avril 2015

En avril, ne te découvre pas d’un fil. Dicton probablement inventé par des Canadiens pour qui avril ne rime sûrement pas avec le retour de la chaleur, mais seulement avec la fonte des neiges. Par contre, pour les bourgeons, les fleurs de cerisier, les sandales, il faudra attendre mai, voire juin !

Comme tous les mois, voici un petit compte-rendu des semaines qui viennent de s’écouler, des micro-événements de notre vie canadienne, un peu en retard ce mois-ci pour cause de débarquement familial !

En avril, nous avons…

…dit au revoir à une excellente amie, rentrée dans son plat pays pour de nouvelles aventures !

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…assisté à une présentation de l’imprimante 3D de la bibliothèque publique de Moncton, la première à posséder une imprimante du genre au Nouveau-Brunswick. Impressionnant !

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…repris les activités bénévoles avec Carma, l’association de sauvetage des chats, du côté de Martine qui a donc tenu un stand lors de la Journée de la Terre au marché de Moncton. Le bénévolat est un moyen sympathique de réellement côtoyer des Canadiens (pas si facile !) tout en œuvrant pour la bonne cause. Que demander de plus ?

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…repris la course à pied, qui nous donne des prétextes de balade le long de la rivière Chocolat, où un bestiaire des plus local nous salue à chaque fois : faisans, oies sauvages et même rats musqués, que nous avions pris pour des castors ! À quand les orignaux ?! Pas de photo de ce spectacle mi-comique, mi-navrant alors que le long hiver et les trop nombreux nachos se fait sentir dans nos articulations vaguement rouillées.

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Sortie : un fort beau séjour

Sortie : un fort beau séjour

… au Fort Beauséjour.

Pardon. Ce jeu de mots était beaucoup trop foireux pour ne pas être tentant.

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Ceux qui ont grandi dans les années 1980 DOIVENT reconnaître ce corbeau. 50 geek points à eux.

Vers la fin du mois de décembre, alors que le soleil n’avait pas gratifié Moncton de sa présence depuis ce qui semblait une éternité, il fit une réapparition aussi surprenante et brève qu’un come-back de Gilbert Montagné.

N’écoutant que son envie de sortir et sa carence en vitamine D, Martine s’est précipitée sur son fidèle destrier pour aller visiter un joli petit site à la frontière avec la Nouvelle-Écosse : le Fort Beauséjour.

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Fort construit par les Français en 1751, il tombera au mains des Anglais en 1755. À l’heure actuelle, il ne reste pas grand chose, sinon des fondations en étoile, de la mousse orange et une jolie vue sur la baie de Fundy. Par beau temps, c’est une jolie balade à 30 minutes de Moncton par l’autoroute, et 1 heure par la route panoramique du littoral de Fundy via Sackville, Dorchester et Memramcook, que je conseille aussi. Si le centre d’interprétation est fermé en hiver, le site est parfaitement accessible, parfaitement désert et ouvert à tous les vents (huhu) (vous allez vite comprendre).

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Le dédouanement du conteneur à Halifax

Le dédouanement du conteneur à Halifax

Jeudi, c’est avec une joie sans pareille que nous avons :

  • constaté sur TrackTrace que notre conteneur était arrivé à Halifax, en Nouvelle-Écosse
  • reçu dans la foulée un appel d’Euro Transport Intl, correspondant de WMS Moving au Canada, pour nous suggérer très fortement d’aller dédouaner au plus vite (nous avons trois jours pour le faire après l’arrivée du conteneur).

_1060407Car voilà ce qui arrive aux conteneurs non dédouanés : ils deviennent des œuvres d’art sur le front de mer !

*musique de Mission Impossible*

Nous avons pris la route pour Halifax dès le lendemain, sous un beau soleil d’automne et sur une petite couche de neige fraîche. Halifax est à trois heures (trente si on oublie de prévoir une carte routière, j’dis ça j’dis rien…) de Moncton : ce détail est important si votre déménageur vous donne le choix entre Halifax et St-Jean, cette dernière étant bien plus proche. Il y a trois ans, il était possible de dédouaner son conteneur à Moncton comme l’a fait la famille Valton, mais aucun transporteur ne nous l’a proposé : un point à éclaircir au moment des devis (franchement si on avait su, on aurait carrément fait les flemmes opté pour la douane à Moncton).

La douane est très facile d’accès (même sans carte routière), en plein centre-ville, à deux pas du musée du Titanic. Après s’être acquittés d’environ 12 000 euros pour deux heures de stationnement [pour la voiture, pas pour le conteneur ! Et pas vraiment 12 000 euros non plus, d’ailleurs, mais c’est l’impression que ça nous a donné en voyant les tarifs du parking], nous nous sommes rendus au bureau des douanes, où l’agente nous a reçus en français.

Et cinq minutes plus tard, nous étions dehors, en train de nous dire que le rapport temps de trajet/temps de procédure n’était décidément pas optimal. Sept heures de voiture dans la journée pour cinq minutes de formalités ? Qui dit mieux ? [vous comprenez mieux pourquoi on vous suggère de voir s’il n’y a pas moyen de rester à Moncton, là ?]

Concrètement, on nous a demandé de fournir :

  • le passeport
  • le formulaire d’arrivée du conteneur fourni par le transporteur (important, puisqu’une fois visé par les douanes, il servira à déclencher la livraison)
  • le formulaire B4 complété par les douanes lors de la validation de la RP.

Nous n’avons nul eu besoin de la liste de colisage dûment complétée, encore moins de nos justificatifs de domicile ou de l’attestation de changement de résidence que Martine avait mis deux heures à imprimer la veille. Mais dans le doute, prenez-les quand même, je ne veux pas de procès.

Et c’est tout. Facile et rapide, non ? Après, si on transporte nourriture, alcool, plantes et autres armes à feu, on peut parier sur une procédure un chouïa plus fouillée.

Pour ce qui est du matelas, on avait entendu différents sons de cloche lors des devis, certains transporteurs le déconseillent, d’autres s’en moquent… On lit souvent qu’il est interdit d’importer un matelas d’occasion, mais s’il fait partie des « effets d’immigrants », pas de souci comme l’explique le Mémorandum D9-11-7 du 15 juin 2012. En tout cas, l’agente des douanes n’a pas tiqué à la lecture de notre formulaire B4 qui mentionnait le matelas.

En résumé, une procédure simple, rapide et efficace, et l’occasion de découvrir très brièvement Halifax, comme un avant-goût d’une prochaine escapade. Nous ne sommes restés que quelques heures et n’avons vu qu’une fraction de la ville, mais nous avons été séduits par ses briques rouges, ses rues animées et son front de mer. Avec son profil de grande ville en bord de mer , c’est une destination idéale et Martine est déjà en train d’échafauder pléthore de plans pour revenir au plus vite. Allez, on est sympas, on partage :

_1060377 _1060378 _1060383 _1060384Probablement la seule maison à colombages d’Amérique du Nord.

_1060388 _1060393 _1060396 _1060405

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