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Coup de gueule sur la francophonie

Coup de gueule sur la francophonie

Bon. Ça ne va pas du tout. Je bouillonne intérieurement. Et extérieurement aussi, puisque je m’apprête à pousser une gueulante. Je n’en peux plus du mépris envers le français canadien, qu’il soit québécois ou acadien.

Nous venons de rentrer de notre sortie avec les ours de Kouchibouguac*. Nous étions une dizaine. Quelques anglophones, un couple français et un couple luxembourgeois. Et nous.

Alors que Papa Bear nous accueillait en français acadien avec sa sympathie et son sourire, les deux couples francophones ont commencé à sympathiser. Si « sympathiser » signifie cracher au visage de son hôte. Fraternisant pour les mauvaises raisons, ils ont embrayé au bout de quelques secondes à peine sur le « mauvais français des gens d’ici », critiquant cette personne ainsi que sa communauté devant lui, sans se soucier le moins du monde de savoir s’ils pouvaient l’atteindre avec leurs propos blessants.

L’atteindre, ils y sont probablement parvenus. Plus sûrement, ils ont atteint un autre objectif : donner une image aussi condescendante que méprisable des francophones européens. Bravo, bien joué. Nous vous remercions bien.

Il me semblait donc une bonne idée de remettre les pendules à l’heure. Certes, ce type de comportement est sûrement l’apanage des touristes qui survolent le pays et n’ont d’autres enjeux que de passer deux semaines agréables avant de rentrer chez eux, sans se soucier le moins du monde de savoir s’ils ont froissé les gens du cru et leur parler étrange, non mais hein ils parlent pas comme nous, ce sont des sous-Français qui parlent un horrible patois, hark-hark-hark.

Toi qui me lis, tu es probablement candidat à l’immigration et j’ose espérer, pour toi, pour les Canadiens francophones, pour nous tous, que tu as un chouïa plus de jugeote et de sensibilité que ça, et que tu te rends compte que critiquer ouvertement la façon de parler d’un membre de ton futur pays d’accueil ne te vaudra pas beaucoup de points sur l’échelle du bon immigrant. Ou sur l’échelle des bons êtres humains, d’ailleurs.

D’un point de vue linguistique, il n’existe pas de « bon » ou de « mauvais » français. Il n’existe que des variantes d’un socle commun. Ces variantes sont admises et correctes dans un endroit donné, et peuvent effectivement être « fausses » ailleurs. Le Français de France est correct en France, mais pas ailleurs. Pas au Canada. Il existe un immense socle commun entre les variantes française et québécoise, par exemple, mais aussi des différences en termes de vocabulaire et de ponctuation, entre autres, qui font qu’en tant que francophones européens, c’est NOUS qui ne parlons pas la « bonne » variante de français lorsque nous sommes au Canada.

Et d’ailleurs, le français de France n’est pas la « bonne » façon absolue de parler le français. C’est la variante en vigueur en France, et c’est tout, je le répète. L’Académie française fait autorité en France, mais au Canada, c’est l’Office québécois de la langue français qui prévaut, qu’on le veuille ou non (je ne crois pas qu’une telle instance existe pour l’Acadie, mais j’apprendrais son existence avec plaisir).

Je veux donc qu’on arrête tous de penser que les Canadiens parlent une version bâtarde du français, là où ils parlent une variante aussi correcte que le français suisse, sénégalais ou belge.

On a le droit de rire, évidemment, de rire d’un mot inédit ou d’une tournure inconnue, parce qu’on est surpris, parce qu’on trouve de la poésie au détour d’une expression nouvelle, parce qu’on redécouvre un mot qu’on avait oublié. On a le droit de rire avec émerveillement du mot. Mais pas de la personne qui l’emploie.

On a aussi le droit à des remarques linguistiques avec nos interlocuteurs si on sent que cela les intéresserait, mais pas le droit de corriger. On peut préciser qu’on ne savait pas que « couette » ici renvoie exclusivement à une coiffure et non à du linge de lit, qu’on apprend que « mitaine » désigne ce qu’on appelle une « moufle », tout comme en français de France, on a plein de mots pour désigner les crêpes selon leur pays d’origine et leur forme (crêpes, pancakes, blinis, okonomiyaki) et qu’on ne savait pas que ce qu’on appelle « pancake » en France est une « crêpe » en Acadie.

Pas le droit, en revanche, de soutenir mordicus que « c’est comme ça qu’on dit », et que les Canadiens doivent virer vite fait « tuque » de leur vocabulaire pour intégrer « bonnet », parce que « c’est comme ça qu’on dit EN FRANCE » (d’ailleurs, « bonnet » ici renvoie à la capeline à la Laura Ingalls, le saviez-vous ?).

Ça nous arrive à tous, évidemment, de faire un écart, surtout au début, avant d’avoir pris la pleine mesure de notre statut d’immigrant. On s’en excuse sincèrement, et on essaie d’arrêter le plus vite possible avec les réflexes de conquérants en terrain conquis, ce qui ne saurait être plus éloigné de la réalité.

On a aussi et surtout le droit de se rappeler que le simple fait d’être Français de France ne fait pas de nous des experts de la langue française simplement parce que notre nationalité a donné son nom à cette langue (ou vice-versa), et qu’un profil bas est généralement le bienvenu de la part des immigrants. Qui aimerait se faire reprendre sur sa façon de parler par un immigrant fraîchement débarqué ?

 

*cette chronique-brûlot a été écrite il y a quelques mois déjà… On hésitait à la publier, mais c’est chose faite.

 

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On a testé pour vous : déménager

On a testé pour vous : déménager

Après le déluge de chroniques sur nos activités estivales toutes plus lugubres les unes que les autres, il est temps de revenir à ce que vous aimez : des infos précises, du concret, du tangible, du PRATIQUE.

Aujourd’hui, on a testé pour vous : résilier son bail de manière anticipée, trouver un repreneur et déménager. Rien que ça.

Après neuf mois passé dans les entrailles de la Terre, nous avons décidé qu’il était temps de revoir la lumière. Et nous nous sommes mis en tête de déménager.

On a déjà vu où trouver un logement à Moncton, mais maintenant :

Comment trouver un logement, concrètement ?

Cherche sur Kijiji. Essaie de répondre aux annonces de façon créative si possible, en te démarquant des autres locataires potentiels. N’hésite pas à poster ta propre annonce en précisant ce que tu recherches (même si on n’a pas trouvé par ce biais, on a visité quelques logements dont les proprios nous avaient contactés par ce biais). Si tu as un animal, n’hésite pas à demander si le proprio les accepte, ça permet d’éliminer tout de suite ceux qui sont allergiques aux chats et ceux qui n’ont rien compris aux chiens.

Puisqu’ici les propriétaires aiment bien les références, prends les devants et fournis un petit « CV du locataire » avec ton historique de logements, les détails importants (fumeur/enfants/animaux) et deux-trois mots sur ton foyer [si ça t’intéresse, on peut faire un article plus complet]. Et continue de répondre aux annonces en attendant de trouver. À noter, Kijiji propose de s’inscrire à des alertes selon des mots clés, pour recevoir les annonces correspondant à ce que tu cherches, directement par mail. Plutôt pratique !

Détail amusant, bien souvent, les logements semblent libres « de suite », « la semaine prochaine » ou « dans deux semaines tout au plus ». Peut-être parce qu’on cherchait juste avant la rentrée ? Notre logement était disponible sous trois semaines, c’était de loin le plus en avance qu’on ait trouvé.

Une fois qu’on a trouvé, on fait quoi ?

Trouve un logement, puis donne ta dédite à la régie/au proprio. Nous, on l’a fait dans cet ordre-là, amis bien évidemment, rien ne t’empêche de résilier d’abord ton bail avec tes trois mois de préavis, puis de commencer à chercher un logement. On n’aime pas lâcher la proie pour l’ombre, donc on n’a pas procédé comme ça, mais ça ne veut pas dire que ça ne marcherait pas pour toi, hein.

Pour donner ta dédite, c’est facile : il suffit de l’envoyer en trois exemplaires et demi sur du papier Canson crème en police Comic Sans taille 11.5, imprimé avec de l’encre noire exclusivement, en lettre recommandée avec accusé de réception…

Nan ? Nan.

Vérifie au préalable auprès du gestionnaire, mais pour nous, un mail a fait l’affaire. Magique, non ? On ne s’en remet pas ! On le savait pourtant, que tout était plus facile ici, mais on cherche toujours la petite bête. Et en passant, depuis presque un an, personne ne nous a demandé de lettre en AR.

Une fois la dédite envoyée, on fait quoi ?

Voilà la partie amusante. Ton bail prévoit un préavis pour quitter l’appartement, d’un à trois mois normalement.

La beauté de la chose, c’est que même ayant trois mois de préavis, on pouvait tout à fait libérer l’appartement plus tôt sans pénalité, à condition de trouver un repreneur nous-mêmes, qui sera ensuite approuvé par la régie. Je suis sûre que c’est le cas de pas mal de baux.

Nous revoilà donc sur Kijiji, à faire le boulot de la régie poster des annonces pour trouver le nouveau locataire. Et deux visites plus tard, un repreneur potentiel avait signé son nouveau bail selon une date qui nous convenait. BIM. Pas plus compliqué que ça.

Renseignements pris, les Canadiens ont l’habitude de louer des U-Haul (camions de déménagement) pour déménager eux-mêmes. Nous avons préféré embaucher des déménageurs pour se casser le dos à notre place parce qu’on n’a pas assez d’amis pour la tranquillité d’esprit, qui nous ont coûté 100 $ de l’heure chez Van Premiere Lines, tout s’est bien passé.

Ça semble facile, non ? Selon le bail, trouver un repreneur est d’ailleurs possible à tout moment. Ce qui dédramatise le bail annuel tant redouté, non ? Si on a la possibilité de partir à tout moment à condition de trouver un repreneur, ce n’est plus si effrayant. Si avait su que c’était aussi simple, on aurait probablement cherché un repreneur avant.

Bref, après toutes ces petites péripéties bien gentillettes, nous voici bien installés dans une maison pas très loin du centre-ville de Moncton. Avec un jardin miniature, certes, mais qui n’est pas au ras de nos fenêtres. On voit même le soleil. On est bien.

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Tout sur l’alimentation

Tout sur l’alimentation

À la demande générale d’un lecteur il y a quelques semaines déjà, nous nous devons de faire un article consacré exclusivement à l’alimentation. Cela nous démangeait depuis longtemps, voici l’occasion toute trouvée !

« Depuis la France nous avons du mal à imaginer la révolution alimentaire à laquelle notre estomac doit se préparer. Quelles sont les nouvelles habitudes alimentaires ? Comment avez-vous remplacer les produits courants de la France qui ne sont pas commercialisés au Canada ou s’ils existent qui vous coûtent un bras. Quels est le prix de ces produits ? Quels produits alimentaires vous manquent le plus ? Quels sont les nouveaux produits découverts qui valent le détour ou les plus étonnants ? Quelles situations cocasses à propos de l’alimentation avez-vous éventuellement vécues ? Etc… »

P1070655Le pouding, une sorte de fausse crème Mont-Blanc.

Vaste programme ! Prenons dans l’ordre :

Quelles sont les nouvelles habitudes alimentaires ?

Martine avoue qu’elle a mangé plus de frites depuis cinq mois que pendant sa vie entière, cette denrée étant omniprésente dans les établissements de restauration, et une solution végétarienne de facilité dans les fastfoods à hamburger.

Sinon, nous avons adopté les galettes de maïs et le pain de mie, produits absents de nos placards en France, qui font des casse-croûtes sains et rapides quand on n’a pas envie de cuisiner le midi. Nous avons découvert les jalapenos (petits piments) et la cuisine tex-mex, les légumes crus à grignoter (céleri, brocoli, carottes), la sauce aux canneberges, les cookies fourrés (si, si, et même qu’on adore)… La liste est longue !

Comment avez-vous remplacer les produits courants de la France qui ne sont pas commercialisés au Canada ou s’ils existent qui vous coûtent un bras (fromage, laitage, pâte feuilletée, maïzena, beurre demi-sel, viennoiseries). Quels est le prix de ces produits ?

Nous avons aussi fait un sondage sur Facebook pour savoir quels sont les produits que vous redoutez de perdre, voici les réponses à vos interrogations ! Nos supermarchés de référence sont Sobey’s ou Atlantic Store.

  • Fromage : cheddar, « suisse », mozza de contrefaçon sont omniprésents quoiqu’un peu chers (7 $ les 500 g). Pas fameux seuls, mais ils vont très bien en gratin, dans la soupe ou les pâtes. On trouve du bon brie, camembert, bleu, cheddar. Pour le reste, c’est au marché que ça se passe : raclette, reblochon, abondance, morbier… à condition d’y mettre le prix (38 $ le reblochon entier, une quinzaine de dollars la petite part de fromage à pâte dure).
  • Yaourts : le choix de yaourts et dessert lactés est relativement limité mais on trouve du yaourt grec qui remplace le fromage blanc, des Activia, aussi, et le sempiternel bac d’un kilo de yaourt à la fraise. Étonnant : le yaourt nature n’existe que sous forme de pot de 500 g, pas en version individuelle.
  • Pâte feuilletée : oui, au rayon surgelé, avec de la pâte filo. On trouve de la pâte brisée/sablée toute prête (vendue avec le moule en alu !) au rayon « préparations pour gâteaux »
  • Maïzena : oui, sous le nom « corn starch » en VO
  • Soupes toute prêtes : on en trouve en brique ou en conserve, avec une dizaine de choix.
  • Beurre demi-sel : OUIII ! On a même du mal à trouver du beurre doux
  • Viennoiseries : oui, mais mieux vaut s’approvisionner à la boulangerie française ou dans une vraie pâtisserie. Au supermarché, privilégier les spécialités locales comme les cupcakes ou les muffins.
  • polenta : oui, sous l’appellation « cornmeal » au rayon des farines
  • fraises Tagada : on n’en a pas vu jusqu’à présent mais quelqu’un confirmera peut-être qu’on en trouve ?
  • magret de canard : oui, à la Ferme du Diamant au marché de Dieppe (merci Béatrice pour la réponse !)
  • pâte à pizza : même si le rayon des pizzas surgelées va vous renverser par son choix, on trouve des pâtes à pizza à garnir au rayon des pâtes fraîches. Vous aurez tort de vous en priver car les pizzas achetées à la pizzeria sont ici un produit de luxe (environ 15-20 dollars la pizza une personne).
  • jambon : on trouve de la chiffonnade un peu chère au rayon « fromages fins », ici le bacon est roi.
  • sucre en poudre : sans problème, du blanc, du roux, de l’édulcoré, tout ce qu’on veut.
  • lait : on n’a pas encore trouvé de lait en brique à température ambiante ni de lait entier micro-filtré pour faire des yaourts, mais le rayon frais est bien pourvu. Lait écrémé, demi (2 %), entier (3,24 %), lait de poule, lait au chocolat… On n’a que l’embarras du choix. Il nous semble avoir le même goût qu’en France.
  • Nutella : même si le choix est plus restreint qu’en France (pots plus petits), oui, au royaume du beurre de cacahuètes, on en trouve !
  • levure de boulanger : oui, au rayon farine
  • Cenovis : je crois qu’on trouve du Marmite/Vegemite, cela peut faire de bons ersatz.
  • Diots : euhhh non, on n’en a pas vu pour l’instant 🙂
  • Nesquick : oui, ainsi que du cacao pur.
  • Cartouches de gel pour appareils à fondue : pas vu jusqu’à présent. [EDIT : on me dit qu’on en trouve à Montréal : faites des stocks lorsque vous y passez !]
  • Autre chose que des plats à base de poulet : au rayon surgelé, pas mal de choses à base de bœuf et de porc effiloché.
  • Crème de Speculoos : oui, la version lisse. Étonnant, hein ?
  • Profiteroles : oui, surgelées chez Atlantic Store !
  • Crème de marrons : oui, à l’épicerie Blue Olive juste à côté de Champlain, épicerie exotique où on trouve un petit rayon de produits français (notamment de… Leader Price !) avec polenta, confiture de chez nous, soupes…

Pour remplacer, pas le choix :

  • on apprend à faire soi-même (Martine maîtrise désormais les quenelles et la pâte brisée pour faire des tartes et des quiches, s’essaie au pain et aux gnocchis mais a un peu plus de mal avec les pommes dauphine)
  • on se fait envoyer de France (merci la famille pour vos dons de fromage !)
  • on fait une croix dessus (tant pis pour les spätzles, la sauce nantua)

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Quels produits alimentaires vous manquent le plus ?

Martin regrette la bonne petite tasse de café serré servie un peu partout : ici, le café, c’est un demi-litre de jus de chaussette.

Martine regrette quand même les bonnes plaques de chocolat abordables (on trouve du Lindt, mais pas vraiment de chocolat à pâtisser tout simple à croquer… tout est vendu sous forme de pépites ou de briques bonnes à casser la dent). Et aussi les produits simples, avec deux trois ingrédients max.

Quels sont les nouveaux produits découverts qui valent le détour ou les plus étonnants ?

Nous avons essayé : canneberges et sirop d’érable bon marché, piments jalapenos omniprésents… On a découvert la tartinade de fromage, le beurre de cacahuète au chocolat (ou au granola), les Pringles façon nachos au fromage, la tisane au vin de glace… Le rayon « préparation pour gâteaux » est impressionnant, avec des mélanges tout prêts pour tout et n’importe quoi ! L’Atlantic Store vend de l’houmous au wasabi qui est une tuerie.

On continue de faire des découvertes et d’acheter des nouveautés à chaque virée au supermarché, c’est un vrai plaisir ! Dernière découverte en date : le chutney à hamburger (« relish »), les saucisses au cheddar et la « crème de cheddar » en boîte (pas encore essayé, on vous en dira des nouvelles !).

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Quelles situations cocasses à propos de l’alimentation avez-vous éventuellement vécues ? Etc…

Au restaurant, si on commande des nachos, il ne faut pas s’attendre à un apéro : les nachos sont un plat de résistance tout ce qu’il y a de plus courant, un peu déroutant pour qui considère les tortillas comme des biscuits apéritifs.

Dans les supermarchés, on ne trouve pas de lait au rayon non frais ni de sirop… Par contre, on a un choix de fou pour les sodas.

Si vous vous aventurez à lire la composition des produits, attention au choc : tout est enrichi, modifié, ajouté… Même la farine la plus simple a une liste d’ingrédients longue comme le bras (et qui fait froid dans le dos), et il est assez rare de trouver des produits 100 % quelque chose, ou avec seulement deux ou trois ingrédients. Raison de plus pour se mettre à cuisiner…

Mais rassurez-vous ! Sauf si votre régime alimentaire se compose exclusivement de quenelles à la confiture de lait, nous restons en Occident et les étals ne sont pas si différents de ce que vous connaissez, on peut très bien reproduire ce que l’on aime.

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Ode au café Manuka

Ode au café Manuka

Grâce à une amie, Martine a découvert à Moncton le café Manuka, tenu par une Belge et un Acadien, qui est désormais un haut lieu de ses après-midis papotage.

Le Manuka l’a d’abord séduite par son nom, celui d’un arbre néo-zélandais, au doux parfum de nostalgie pour elle qui y a passé un an pendant ses études.

Le Manuka, sur la rue Alma, juste à côté du centre culturel Aberdeen et à deux pas de la rue Mountain, se voit de loin grâce à sa façade jaune, qui se détache sur la neige et invite à découvrir l’intérieur. Le panneau à l’entrée, qui affiche souvent « fait maison », « fait avec amour » ou « frites belges » est la cerise sur le gâteau, impossible de résister : il FAUT entrer et goûter par soi-même.

café manuka moncton tartiflette canada nouveau brunswick new brunswick candidats des provinces initiative stratégique résidence permanente brune cymico immigrer chat(c) Café Manuka

L’intérieur n’est pas très grand, une quinzaine de tables, mais la déco bois sombre/murs anis et violet est apaisante mais pas girly, la table dans le bow-window est bien chaleureuse quand on vient en groupe, et il y a même des jeux pour les petits. Avec l’hiver, la terrasse est évidemment inaccessible, mais on pressent de beaux moments ensoleillés sur la véranda vitrée plein sud une fois les températures remontées.

Ouvert en continu de 11 à 21 heures, le café sert des petits plats, des pâtisseries et des boissons breuvages, et se transforme en restaurant le soir venu [donc à partir de 17 h, n’oublions pas où nous sommes]. Sans oublier le brunch une fois par mois, végétarien à la demande [+1000 points gagnés auprès de Martine].

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Au menu du café : lait à l’érable ou à la lavande, chai latte, chocolat chaud à la belge et vrai café (denrée rare !). Les prix vont de 3,5 à 5,5 $.

Les pâtisseries sont à tomber ; la crème brûlée est un délice, la mousse de mascarpone aux myrtilles aussi. Compter environ 4-6$ la pâtisserie.

Au menu de midi, servi en continu la journée : soupe du jour, sandwichs gourmets, crêpes, croquettes ou frites belges. Martine a goûté les croquettes végétariennes, la soupe carotte-coco et la crêpe à l’emmenthal (une tranche de goût dans ce monde de cheddar). Les frites et la mayo maison sont délicieuses quoiqu’un peu chères (8 $). Le tout donne envie de voir ce que les vrais plats donnent à l’heure du souper ou du brunch, et on nous souffle qu’il y aurait parfois de la tartiflette au menu…

Globalement, l’établissement est évidemment plus cher qu’un Tim Hortons ou un Starbucks où l’on trouve aussi des pâtisseries, mais cette simple comparaison est une aberration tant ces lieux sont éloignés dans leurs objectifs et leur qualité : ici, les produits sont locaux et frais, la carte réduite pour privilégier le goût et les plats modifiés régulièrement pour toujours plus de surprises.

Seul point noir : il n’y a pas de parking. En été, on peut utiliser les places payantes à côté, mais en hiver, celles-ci sont recouvertes par les bancs de neige, ce qui complique un peu l’accès. Essayer de gruger les places du centre Aberdeen peut marcher le week-end, mais la semaine, bon courage !

Bref, à 10 minutes à pied de la rue Main, un havre de paix et de saveurs pour qui a envie de manger à l’européenne ou de savourer une pause sucrée dans un cadre reposant.

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Manuka

184 rue Alma, Moncton

info@manukaresto.com

https://www.facebook.com/restomanuka

Des avis (élogieux !) sur Trip Advisor ici.

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Les meilleures vidéos du Nouveau-Brunswick sous la neige

Les meilleures vidéos du Nouveau-Brunswick sous la neige

Soyons modestes, en commençant par la nôtre, filmée le 15 février vers 11 heures du matin…

Une balade dans les rues du centre-ville de Moncton après le blizzard du 15 février, on vous laisse apprécier la quantité de neige sur les trottoirs :

Voici le Stormaggedon à Dieppe, plus de deux mètres dans notre commune même (accumulé par le vent) :

La SNCF devrait regarder cette vidéo et en prendre de la graine.

Pas de passage ? Pas de problème quand on est SnowCat !

http://youtu.be/S_6RqIdZFrA

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Tranches de vie n°5 / Février en raquettes

Tranches de vie n°5 / Février en raquettes

Les tempêtes hivernales se suivent et se ressemblent, couvrant toujours plus le sol et s’approchant plus que dangereusement de nos fenêtres… Nous voyons les strates de neige s’amonceler à mesure des tempêtes, et nous nous amusons comme des petits fous à marquer la hauteur de la neige avec des autocollants. Le record reste le 15 février, un bon petit blizzard de derrière les fagots qui a fait tomber 55 cm en 24 heures. Et quand même Martin ne voit plus rien du haut de son 1,92 m, on peut commencer à s’inquiéter.

P1070570_bisNotre voiture s’en est plutôt bien sortie par rapport à certaines autres : on la voit encore !

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Il restait « un peu » de neige sur le parking le 16 février…

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Du coup, quand elle en a marre d’être dans un igloo, Martine va travailler chez Workspace ou à la bibliothèque de Dieppe, pour voir un peu le soleil.

P1070641 Raté.

Par contre, les week-ends sont source de nombreuses activités hivernales : le patinage dont nous avons déjà parlé le vendredi soir, mais aussi la raquette et le ski de fond. Tous les dimanches du mois de février, la ville de Moncton proposait du matériel gratuit aux parcs du Centenaire et Mapleton. De quoi découvrir ces activités et ces parcs gratuitement, surtout si le soleil se montre entre deux tempêtes ! On ne s’en lasse pas : à deux, seul, entre amies…P1070252 P1070266 P1070272 _1070093 _1070095 _1070087P1070282P1070454 P1070430 P1070660

Bref, février, c’est l’hiver côté fun. Nous avons aussi prévu d’aller faire du ski de piste et une sortie en motoneige mais pour l’instant, les conditions n’étaient pas propices à prendre l’autoroute pour s’éloigner de Moncton. Aucun souci : les récentes et abondantes intempéries devraient nous garantir de la neige jusqu’en juin. AU MOINS.

Cela fait deux mois que l’on radote est dithyrambiques sur l’hiver, avec un peu la crainte que vous vous lassiez des photos de paysages enneigées. Sachez toutefois qu’ici, l’hiver est un ravissement permanent et qu’il est impossible de se lasser des promenades dans la nature. Rien à voir avec l’hiver gris et triste que l’on connaît côté français. Vivre à Moncton, c’est comme être aux sports d’hiver tout le temps !

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MAGMA et CAFi : deux associations qui veulent du bien aux immigrants

MAGMA et CAFi : deux associations qui veulent du bien aux immigrants

Passage littéralement incontournable de toute visite exploratoire à Moncton, et passage plus que fortement conseillé après l’arrivée définitive, le MAGMA et le CAFi font partie du paysage des nouveaux arrivants de la région. Financés par les impôts des Canadiens, ils proposent des services totalement gratuits ou presque aux arrivants. Qui sont-ils, que font-ils ? On vous dit tout de notre relation avec ces deux organismes.

CAFi : centre d’accueil et d’accompagnement francophone des immigrants du Sud-Est du Nouveau-Brunswick

Comme son nom l’indique, le CAFi est une structure francophone. On y trouve donc beaucoup d’Africains, quelques Asiatiques et des Européens francophones. Pour l’instant, nous avons participé aux activités suivantes :

  • ateliers d’intégration et vie pratique : nous sommes allés à une séance sur le monde de l’entreprise au Canada et à une autre sur les impôts. Dans la lettre d’information hebdomadaire, nous voyons passer d’autres ateliers auxquels nous ne pouvons pas toujours aller : réseautage, intégration professionnelle…
  • sport : le lundi soir, nous participons à la Ligue sportive, grâce à laquelle nous découvrons un nouveau sport toutes les deux semaines. Foot, badminton, frisbee… on touche à tout en se dépensant gentiment. C’est carrément le meilleur plan pour faire du sport et rencontrer des gens : 20 $ pour cinq mois, qui dit mieux ? Ce ne sont pas les « nouveaux » arrivants qui y participent depuis quatre ans qui nous contrediront !
  • sortie en raquette nocturne, à laquelle Martin participera la semaine prochaine pendant que Martine sera… où ça ? Une surprise !
  • Martine est également sur le coup pour animer un atelier de cuisine, on vous tiendra au courant !

ligue sportive cafi magma moncton candidats des provinces canada résidence permanente brune initiative stratégique

MAGMA/AMGM : association multiculturelle du grand Moncton

Contrairement au CAFi, cette association propose des services francophones et anglophones, et c’est ainsi que les immigrants qui ne parlent pas français s’y retrouvent, principalement des Asiatiques qui représentent la première catégorie d’immigrants. Pour l’instant, nous avons participé aux activités suivantes :

  • cours d’anglais : Martine étant exemptée, Martin a suivi des cours d’anglais pendant un mois, à raison de trois heures par jour. Après un test, les élèves sont répartis en sept niveaux, selon lesquels il y a plus ou moins de place et donc d’attente… Martin, avec son niveau 7/7, a pu bénéficier de cours immédiatement, mais ce n’est pas forcément le cas pour les autres niveaux (à savoir pour ne pas être déçu). Par la suite, il avait aussi commencé un cours d’anglais des affaires, 3 heures supplémentaires le matin… et a trouvé un emploi une semaine plus tard.
  • une présentation/réseautage sur le thème « Les carrières alternatives francophones dans le secteur bancaire et financier », à laquelle Martin a participé pour voir si le secteur bancaire avait des opportunités pour lui…
  • sortie : notre sortie au Colisée pour voir un match de hockey, c’était grâce à cette association !
  • jumelage avec une famille canadienne : nous avons demandé à être jumelés mais n’avons pas reçu de nouvelles pour l’instant. Est-ce par pénurie de familles canadiennes ou notre description « gamer invétéré et gothique repentie, aimant les films de super-héros, le fromage et les gros chiens » qui a rebuté les éventuels candidats ?  Mystère…

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Ces associations proposent aussi (en vrac) des services de navette à l’aéroport lors de votre arrivée, de visite d’appartements (pour vérifier si tout est réglo quand vous avez trouvé un logement qui vous plaît), une garderie, des cours d’entrepreneuriat, des activités culturelles (expositions, cuisine, tableaux vivants, parade de Noël…), des déjeuners-découverte à la bibliothèque, des soirées, des festivals, des groupes de femmes, des activités pour les enfants/ados, des consultations particulières pour des questions précises, une mise en relation avec Atlantic Human Services qui aide avec le CV et les entretiens d’embauche…

Ces deux associations ne sont pas que des cases à cocher dans le voyage exploratoire : elles sont aussi extrêmement utiles pour les premiers pas… et la suite. Et on ne parle même pas de notre cercle social, constitué à 90 % de personnes fréquentant ces associations (les 10 % restants provenant de notre fofo chéri Cymico) (les deux étant compatibles, d’ailleurs). En résumé, sans elles, on ne ferait pas grand chose, et on serait bien seuls dans notre coin. Même si vous êtes timides, on vous encourage vraiment à aller y faire un tour.

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Traduire son CV en anglais

Traduire son CV en anglais

Tu es dans les préparatifs pour t’installer au Canada, bien parti.e pour obtenir ta résidence permanente, en train d’organiser ton départ et soudain, c’est le drame : tu souhaites postuler à des annonces en anglais et tu ne sais pas par où commencer pour faire de ton CV une arme de recrutement massif.

Dans un moment de solitude paniquée, tu essaies Google Traduction et obtiens de la bouillie, cherche des traducteurs en ligne et te perds dans une jungle d’agences de traduction en Inde… Tu contactes le neveu de la concierge qui certes, fait anglais 1ère langue mais n’a aucune idée du marché du travail, pas plus que ta cousine qui va tous les étés en Angleterre.

Si tu es perdu.e, désespéré.e, et sans la moindre idée de comment rendre ton CV présentable : Martine peut t’aider.

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Pour toi public, Martine te propose de traduire ton CV en anglais, ou de le mettre aux normes canadiennes, ou les deux. Parce qu’elle est traductrice indépendante immatriculée au Canada, qu’elle aime nos lecteurs et qu’elle sait qu’il est difficile de savoir où s’adresser.

Par contre, elle ne le fait pas gratuitement, parce que si elle répond avec plaisir à tes questions sur les démarches ou la région par mail, traduire un CV, ça prend à peu près deux heures, et elle est déjà bien occupée par ailleurs.

Ça ne veut pas dire qu’elle ne peut pas te faire une fleur et baisser un peu ses tarifs habituels, on est solidaires entre futurs nouveaux Canadiens. Pour toi public du blog ou de la page Facebook, qui a passé l’étape du dossier provincial pour t’installer au Canada (pas forcément au Nouveau-Brunswick, on n’est pas sectaires), Martine te propose :

  • la traduction  de ton CV de moins de 700 mots vers l’anglais pour 35 euros TTC

Si tu veux faire traduire ton CV sans y passer des heures, ne cherche pas plus loin, et envoie ton CV à Martine ici ou ici en précisant où tu en es dans les démarches et où tu comptes t’installer.

Si tu as une demande différente (relecture en français ou en anglais, mise du CV aux normes canadiennes, la traduction du prochain Harry Potter…), n’hésite pas non plus !

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Pensées sur la réussite d’une émigration

Pensées sur la réussite d’une émigration

Lors de notre voyage exploratoire, nous avons inévitablement évoqué la question du » taux de réussite » des immigrants, notion quelque peu abstraite qui renvoie au taux d’immigrants qui restent dans la province au-delà des trois ans de l’engagement initial.

Selon les sources (certaines étant certainement mieux renseignées que d’autres), entre 30 et 70 % des immigrants français quittent le Nouveau-Brunswick au bout de ce laps de temps.

Très bien très bien.

Si c’est 30 %, c’est encourageant. Si c’est 70 %, c’est effrayant.

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La province est-elle si terrible que ça ? Avaient-ils le mal du pays ? Ont-ils simplement changé de province ? Avaient-ils pour ambition d’aller de toute façon ailleurs après un temps ? Nous ne le saurons sans doute jamais…

Toujours est-il que la plupart des émigrés à qui nous avons posé la question nous ont répondu avec un certain dédain pour ceux qui partent, ceux qui « n’ont pas compris la province », « n’ont pas compris les règles du jeu », « n’ont pas réussi leur immigration »…

Je suis tout à fait perplexe devant ce mépris des personnes qui partent. Certes, on peut s’installer avec le mauvais état d’esprit, en pensant recréer l’Europe en Amérique du Nord, en jugeant la vie là-bas à l’aune de critères qui n’ont pas lieu d’être.

Mais à la base, tous les immigrants ne sont-ils pas partis de quelque part ? Parce que nous n’avons pas compris notre pays d’origine ? Ses règles du jeu ? Le constat d’échec qui s’appliquent aux migrants qui quittent le Nouveau-Brunswick s’applique-t-il à toutes ces personnes qui, un jour, ont décidé qu’elles souhaitaient vivre ailleurs ?

P1130496Vers l’infini et au-delààààààà

Sans oublier que différents lieux conviennent à différents âges de la vie : pour prendre notre cas, la grande ville, qui nous a parfaitement convenu pendant notre vingtaine, nous semble aujourd’hui étouffante à l’aube de la trentaine. Quid de notre vie à 35 ans ? À 40 ?

Quoi qu’il en soit, nous nous sommes engagés dans la voie de l’immigration en nous efforçant de garder notre ouverture d’esprit. Actuellement, la France ne nous convient plus, nous avons envie d’ailleurs. Nous espérons que le Nouveau-Brunswick nous plaira, et nous comptons bien mettre toutes les chances de notre côté à ce niveau. Mais s’il s’avère que cette province n’est pas pour nous non plus ? Alors nous reprendrons la route, heureux d’avoir vécu cette expérience et sans constat d’échec, sans penser que nous n’avons pas compris cette province.

En résumé, arrêtons de juger les immigrants qui arrivent et repartent, les personnes qui ont la bougeotte : elles se contentent de chercher un endroit où elles se sentent bien, et nous serions bien malavisés de les juger pour leur démarche.

 

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