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Bienvenue dans le Terrier

Bienvenue dans le Terrier

Nous avons emménagé le week-end dernier à Dieppe, charmante petite ville de Haute-Normandie, non loin de la mer et de toutes les commodités.

Oups, je reprends : nous avons emménagé le week-end dernier à Dieppe, charmante petite ville du Grand Moncton, non loin de la mer et de toutes les commodités et dont le climat n’est pas sans rappeler une Haute-Normandie sous stéroïdes (entendre par là : il fait humide ET froid !).

Et mieux encore, nous sommes désormais raccordés à Internet ! Ô, joie. Martin a d’ailleurs commandé son nouvel ordinateur dans les 4 minutes qui ont suivi le départ du technicien, puisque nous nous battons partageons le pc de Martine depuis vraiment trop longtemps pour notre santé mentale à tous les deux déjà près de trois semaines.

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Cet appartement a été source de nombreux atermoiements de la part de Martine, réticente à l’idée de vivre sous terre. Déjà prête à rebaptiser ce logement douillet « Le Terrier » [60 geek points à qui trouve la référence !], elle a finalement accepté l’expérience en se rendant compte qu’il ne s’agit pas d’un vrai demi sous-sol. Sa situation n’est pas claire pour autant : quart de sous-sol ou demi rez-de-chaussée ? Nous avons la pelouse au ras des fenêtres mais celle-ci étant surélevée par rapport à la chaussée, où nous situons-nous ?

Maintenant que nous avons emménagé, cette situation ne nous empêche plus vraiment de dormir : nous avons toute la luminosité dont un appartement canadien peut rêver, et la promesse d’une meilleure isolation du fait des murs à moitié enterrés. Sans oublier la perspective de se croire dans un igloo dès les premières tempêtes de neige venues !

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Cet appartement répond à plusieurs critères :

  • De taille d’abord, car on ne s’est pas délestés de 8 000 euros pour faire venir nos meubles si c’est pour les mettre en garde-meubles à l’arrivée, avouez que ce serait ballot
  • De situation ensuite : à deux pas du petit centre-ville de Dieppe qui comporte la bibliothèques, quelques cafés et boutiques, sans oublier le fameux marché de Dieppe, célèbre dans tout le comté pour ses produits frais et ses FROMAGES ! Nous revivons. Nous sommes également à 10 minutes du centre Champlain, pratique pour aller faire des achats à pied pendant les beaux jours (c’est-à-dire, pas maintenant)
  • Le critère félin : il fallait que le chat soit accepté, évidemment (même constat que pour les meubles : c’est bête de s’embêter à importer le chat si c’est pour le mettre en garde-meubles… euh, on s’égare)
  • Et le prix, évidemment. Nous avions repéré un appartement plus dans nos goûts mais dont le prix s’est avéré prohibitif. Celui-ci nous revient 675 $ mensuels hors charges (dont nous ne pouvons encore rien dire… suspense quant à la note de chauffage !), soit environ 450 euros pour environ 85 m², moi je dis BANCO.

Comme tous les appartements visités, il est équipé (four, lave-vaisselle, frigo et congélateur), a une baignoire, deux chambres et un grand salon qui ne demandent qu’à être meublés et à gagner un peu en chaleur et confort. Voici une petite visite guidée qui montre beaucoup le chat et pas forcément beaucoup l’appartement, car contrairement à l’appartement, le chat est facile à photographier :

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Vous remarquerez que

  • Dora se cache dans les endroits les plus improbables et apprécie mon sac de couchage
  • le confort est encore relativement spartiate, en l’attente du conteneur qui baguenaude en ce moment même dans l’Atlantique.

La prochaine fois, on vous expliquera le processus de location d’un appartement, vous allez rire (ou pleurer, si vous êtes Parisien).

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Tranches de vie de la première semaine / N°1

Tranches de vie de la première semaine / N°1

Notre première semaine à Moncton a été rythmée par les formalités administratives, le temps de chien très automnal ne laissant que peu de place aux promenades dans les feuilles mortes. Nous en avons profité pour approfondir notre connaissance de la topographie locale et maîtrisons désormais sur le bout des doigts l’espace Champlain, le plus grand centre commercial à des (centaines de) kilomètres à la ronde.

Nous avons visité six ou sept appartements : des mignons, des horribles, des biens isolés, des moins bien… La constante étant souvent :

  • ancien = maison, extérieur über mignon, intérieur très daté
  • récent = appartement, extérieur quelconque, intérieur correct à très bien
  • la grosse inconnue étant souvent l’isolation thermique. Si certains logements se révèlent ostensiblement être des passoires thermiques, d’autres nous semblent plus fiables… ou fourbes !

Nous avons d’ailleurs signé un bail lundi et attendons la remise des clés et l’emménagement pour vous montrer notre nouveau nid (ou plutôt terrier, diraient les mauvaises langues…). Les paris sont ouverts pour la localisation : Moncton, Dieppe, Riverview, Shediac… ?

Nous avons quitté notre petite maison douillette, faute de disponibilité des propriétaires, non sans prendre le temps de mettre une dernière fois à profit les équipements à disposition.

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Si, si, Martin s’amuse, promis !

Nous avons pris nos nouveaux quartiers dans un logement très local : le demi sous-sol. Ou plutôt le trois-quarts de sous-sol, à en juger par notre soupirail… Notre nouveau hôte est néanmoins d’une gentillesse à toute épreuve et nous avait même préparé une tourte aux pommes pour notre arrivée !

Cherchez le chat, le retour…

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Nous avons profité d’une éclaircie toute relative samedi dernier pour aller visiter le petit village très mignon de Bouctouche, mais devant le crachin plus qu’insidieux qui sévissait, nous avons fait demi-tour sans visiter sa célèbre dune… Nous reviendrons.

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Et enfin, une petite virée oxygénante au parc de Mapleton, à Moncton, nous a montré que l’un des clichés sur l’Amérique du Nord est vrai : les écureuils à foison, ce n’est pas du flan puisque nous en avons croisé environ 3 000 pendant l’heure qu’a duré notre balade. Nous avons guetté les ratons-laveurs et les castors, mais ils n’étaient pas de la partie aujourd’hui…

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On espère vous montrer des photos de notre nouveau chez-nous officiel dès la semaine prochaine !

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On a testé pour vous : acheter sa voiture à distance

On a testé pour vous : acheter sa voiture à distance

Autant la vente de la voiture côté français fut un fiasco presque intégral, autant l’achat côté canadien s’est déroulé sans anicroche, et ce malgré la présence d’un océan entre les différents interlocuteurs.

Pour une fois, mon côté prévoyant [qui a toussé très fort ?!!] était de bon aloi : un mois avant la date fatidique, je regarde les tarifs des voitures de location en aller simple entre Montréal et Moncton. Et là, c’est le drame intersidéral : la majoration pour la location en aller simple coûte plus cher que la location en elle-même ! 1500 $ pour le tout ? Faudrait pas nous prendre pour des vaches à traire, non ?

Je me mets alors en quête d’un char apte à nous transporter, nous, nos 33 kg de bagages et nos 33 9 kilos de chat. Sur les bons conseils d’un sympathique co-immigrant, nous contactons des concessionnaires à Montréal pour réserver une voiture à distance, moyennant versement d’un acompte remboursable en cas d’échec de la transaction.

S’ensuit l’habituel balai de courriels de demandes de renseignements, de refus polis, de non-réponses fourbes, et parmi la masse de concessionnaires contactés, quelques-uns enclins à faire affaire avec nous.

Après des contacts efficaces avec Ville-Marie Kia et Honda Spinelli Lachine, nous avons finalement opté pour une Kia Rio, pour la modique somme de 10 000 $ environ (environ 6 500 €), 2011, automatique, 42 000 km, bleu Klein très à la mode… Voiture réservée sur un acompte de 300$ et confirmée en réglant le solde la semaine précédant notre arrivée (transaction qui nous permettra d’ailleurs de constater que 1/on ne peut pas faire de virement hors Europe depuis nos banques en ligne et 2/les frais de virement hors Europe sont proprement méchants).

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Le jour J, notre interlocuteur pousse la gentillesse jusqu’à venir nous chercher à l’aéroport, à poireauter deux heures suite au retard de notre vol et de nos formalités, et à nous ajouter un jeu de pneus d’été qui n’étaient pas prévus. Tout ça, avec le sourire !

Le 18 octobre, nous sommes donc repartis fatigués mais chargés comme des bœufs heureux de la concession Ville-Marie à bord de notre nouvelle titine, non immatriculée mais arborant fièrement un bordereau sur la plage arrière : celui-ci est notre sésame sur les routes canadiennes en l’attente de notre immatriculation. Les provinces du Canada appliquant différentes taxes à leurs résidents, nous avons dix jours pour nous acquitter des taxes au bureau Service Nouveau-Brunswick de Moncton (et encore 900 $ de plus ! Quand est-ce qu’on arrête de mettre la main au porte-monnaie ?).

À noter, la mignonne « taxe pneus » (4 $ par pneu) pour toute importation de pneus dans la province, et cette phrase d’anthologie à Service NB : « Vous êtes venus avec des pneus ? »… Euh, non, on a fait 1000 km sur les jantes, pourquoi cette question ?

Conclusion de cette transaction : nous avons choisi notre véhicule sur des critères plus ou moins fiables (recommandation, présence d’une garantie nationale, kilométrage modéré, année récente…) et compte tenu des circonstances, on s’estime très contents ! Elle nous a sûrement coûté bien plus cher que si on avait pris le temps de magasiner ici et là et de comparer les prix, c’est une évidence. Mais nous tenons pour acquis qu’au départ, faute de points de comparaison, nous allons dépenser plus que nécessaire, le temps de se faire aux prix du pays. C’est le jeu, ma pauvre Lucette.

Anecdote croustillante : on nous a dit que c’était une « petite voiture » ! Face à la C3, c’est une géante, mais ici… Vous en pensez quoi ?

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Les premiers pas

Les premiers pas

« À partir de cette minute, vous êtes désormais résidents permanents du Canada, et ce à vie. Bienvenue et bonne chance. »

C’est en ces mots que l’agent des douanes nous remit nos confirmations de résidence permanente signées, gages de notre installation outre-Atlantique [enfin maintenant, outre-Atlantique, c’est vous !].

Après deux ans de démarches, un mois de préparatifs, une dernière semaine exécrable, quatre heures de sommeil, huit heures d’avion plus longues que jamais et une heure de formalités, la nouvelle sonnait comme une victoire, un beau moment mémorable et déterminant.

Le départ ne s’est pas fait dans l’euphorie comme je l’avais imaginé : stressés, épuisés, nerveux, nous sommes arrivés à l’aéroport même pas excités, plus dans le pâté que dans les nuages.

aéroport départ lyon moncton canada nouveau brunswick candidats des provinces résidence permanente chatTous droits réservés belle-maman qui a eu la gentillesse de nous venir nous chercher à 4 h 30 !

La dépose du chat dans les bagages spéciaux est un crève-coeur, le vol sur Air Transat est long à en pleurer, l’arrivée fatiguée et tendue. Nous passons un premier contrôle de douane, récupérons le fauve terrifié au fond de sa cage, attendons les bagages et passons un deuxième contrôle dans le bureau « Contrôle supplémentaire » (celui dont on se demande toujours à quoi il peut bien servir) avant de pouvoir enfin mettre le pied en vainqueurs du marathon administratif résidents permanents sur le sol canadien.

Nous avions acheté notre voiture en ligne et le concessionnaire a eu la gentillesse de venir nous chercher. Une fois la vente finalisée, nous prenons la route jusqu’à Rivière-du-Loup, à quelque quatre heures de là, où nous nous écroulerons de fatigue à 19 h 30 pour émerger à 6 h le lendemain. J’ajoute d’ailleurs que l’Auberge St-Alexandre était très confortable et la patronne très serviable ! Quand on est fatigués, on n’est pas très difficiles, certes, mais je la conseille quand même.

Après onze heures de sommeil, le moral et l’enthousiasme sont remontés en flèche et c’est tout guillerets que nous découvrons les valons du nord du Nouveau-Brunswick, ses paysages automnaux et ses bourgs aux noms pittoresques.

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*Flash info touristique : le village de Gagetown fait une halte charmante entre Fredericton et Moncton, et son restaurant, le Creekview, propose une cuisine simple mais aussi roborative que bon marché*

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À Moncton, après cinq nouvelles heures de route, nous posons nos valises chez Tim et Jaime McKee dans un petit logement en AirBnb sur les rives de la rivière Chocolat. L’appartement est livré avec le kit « Amérique du Nord » : escalier en bois, érables, écureuils, trampoline et même un drapeau canadien ! Il n’en faut pas plus pour nous ravir… Regardez comme on a l’air contents :

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Maintenant que nous sommes installés, c’est l’heure de lancer un nouveau marathon des formalités. On revient vous en dire plus dès qu’on a rattrapé pour de bon nos 500 heures de sommeil en retard !

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Comment ne (presque) pas vendre sa voiture grâce aux Néo-Brunswi…quoi ?

Comment ne (presque) pas vendre sa voiture grâce aux Néo-Brunswi…quoi ?

La saga de la voiture : vous l’avez peut-être vécue en direct, la voici résumée pour le plaisir de revivre ces moments palpitants.

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Pour commencer, dis-toi que tu as besoin de ta voiture jusqu’aux tout dernier moment, et ce même si tu t’en sers en réalité une fois par mois. Non, il te faut absolument TON carrosse à TOI jusqu’au dernier moment.

Sachant cela, mets ton annonce en ligne le plus tard possible, à environ un mois et demi du jour J, en précisant que la voiture sera à venir chercher entre 14 h 30 et 16 h 45 la veille de ton départ, pour rebuter à peu près tous les acheteurs intéressés et ne pas avoir à gérer trop de demandes. Faudrait pas s’embêter, quand même.

Rédige avec application une annonce digne des plus grands professionnels de l’auto, en précisant bien que la voiture a quatre roues, un pare-brise et des ceintures de sécurité. N’inclue surtout pas la puissance du moteur, l’éventuelle climatisation ni les réparations à prévoir.

Contente-toi d’une ou deux annonces en ligne.

Oublie d’aller passer le contrôle technique en vue de la vente.

N’oublie pas d’indiquer un prix beaucoup plus élevé que l’argus, histoire d’avoir une marge de négociation confortable.

Si par hasard des acheteurs sont intéressés, sois le plus franc possible au téléphone, en indiquant tous les défauts possibles pour avoir la conscience tranquille : entre être réglo et être commercial, tu as choisi.

Panique à J-3 semaines parce que personne n’est venu essayer ta voiture.

Lance une grande campagne facebook et harcèle ton réseau.

Quand enfin on te contacte, négocie de mauvais gré au-dessous de l’argus car les acheteurs ne se bousculent pas au portillon (voir les points ci-dessus) et accepte un prix très limite pour ton budget (n’oublions que tu as quelques frais en cours).

Accepte de renégocier encore davantage le prix parce que ton seul acheteur potentiel [con et pénible, on a les acheteurs qu’on mérite] le propose et que tu n’as pas le choix.

Le jour où ton acheteur vient muni de son chèque de banque, embrouillez-vous pour une broutille. Retrouve-toi sur le parking avec ta voiture qui chatoie, la poussière qui tournoie et l’acheteur qui s’en va… les mains vides.

Désespère.

Relance ta campagne Facebook à J-15 et prévois enfin un plan B (coucou belle-maman !) au cas où, par le plus grand des hasards, ta voiture n’était pas vendue le jour J.

Fais des estimations en ligne pour te rendre compte que oui, les garages reprennent vite et oui, leur prix est ridicule.

Relance une dernière fois tous les copains et acheteurs intéressés, qui t’ont blacklistée tellement ils n’en peuvent plus de ta voiture.

Respire un bon coup quand ta belle-famille te dit qu’elle pourra s’en occuper (que son nom soit gravé dans de la raclette et portée au plus haut des grills, mille mercis à elle pour nous avoir ôté l’horrible spectre de la date butoir qui nous aurait conduit à céder ta voiture pour 25 € au garage le plus proche).

Reçois trois appels de personnes intéressées qui veulent venir essayer ta voiture la semaine avant ton départ.

Essuie deux annulations de dernière minute parce que ta voiture n’a pas la clim.

Fais passer une visite concluante à J-9 mais dont l’offre est bien trop basse. Hésite à accepter uniquement pour avoir la paix et retrouver un sommeil tranquille.

Reçois un contact d’un copain de copain et programme une visite à J-7.

Contre toute attente, conclue une vente à un prix raisonnable et de façon nette et précise le jour même.

Reçois le virement de ton acheteur à J-4, remets-lui les clés à J-2, pousse un soupir de soulagement et refuse d’entendre les mots « vente » et « voiture » dans la même phrase pendant les dix prochaines années.

Et si avec tous ces conseils, tu arrives à vendre ta voiture rapidement et sans embûches… Tu n’y mets vraiment pas du tien !

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Tu sais que tu vas émigrer quand…

Tu sais que tu vas émigrer quand…

Tu sais que tu vas bientôt émigrer (J-10 !) quand…

  • tu as un radar intégré qui réagit à toute occurrence du mot « Canada » à 200 mètres à la ronde (même si c’est dans « Canada Dry »)
  • tu sais ce qu’est une attestation de changement de résidence, où l’obtenir et à qui l’envoyer
  • la denrée dominante dans ton frigo est le fromage sous vide
  • tu te prépares à cuisiner ces prochains jours avec une seule poêle et une seule casserole
  • tu sais déjà combien pèsent tes valises
  • tu places subrepticement « tuque » et « char » dans tes conversations
  • tu sais combien valent tes fringues et tes meubles en termes d’assurance
  • ta grand-mère sait ce qu’est Skype
  • tu retiens de placer « Canada », « déménagement » et « quand on sera là-bas… » dans chaque phrase de peur de saturer tes proches
  • tu fourgues des croquettes tranquillisantes à ton chat en lui disant « ça va bien se passer, le gros navion il sera pas si terrible que ça… »
  • ton chat a emménagé dans ta valise, qui fait une panière honnête
  • tu sais qu’on peut acheter une voiture sans l’avoir vue
  • tu sais qu’on peut contracter une assurance auto sans avoir vu son assureur non plus
  • tes amis prévoient une sortie, et tu réponds « j’peux pas, je serai dans l’aviioooooooon samedi prochain » 🙂

valises déménager nouveau-brunswick canada candidats des provinces résidence permanenteNon en fait c’est plutôt 80 et 230 kilos, respectivement.

 

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Pas de regrets : ce qu’on fera avant de partir

Pas de regrets : ce qu’on fera avant de partir

Une échéance est souvent l’occasion de remarquer toutes ces choses auxquelles on n’a pas prêté attention pendant qu’on en avait le plein usage, quand on n’avait pas encore remisé nos yeux émerveillés au placard pour retomber dans une léthargie apathique.

Martine se souvient de son émotion au moment de quitter le club plus ou moins fermé des possesseurs de carte 12-25 et de sa frénésie de voyage deux mois avant l’expiration de son précieux sésame, alors même qu’elle aurait pu profiter des dix années précédentes pour voyager en France pour pas cher. Toutes proportions gardées, l’histoire se répète.

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On n’ouvre jamais autant les yeux sur ses privilèges et son environnement qu’au moment de les quitter. À différents niveaux et en bien ou en mal d’ailleurs (« Sarko revient mais moi JE ME CAAAASSE !!!! »). À un niveau personnel, c’est l’heure de quelques constations et modestes bilans.

On peut ainsi se retrouver à s’agiter avec la frénésie d’un poulet décapité pour faire toutes les choses qui nous tiennent très à cœur :

  • C’est ainsi qu’on se retrouve à refaire notre salle de bain de fond en comble un mois avant de partir (avec pour excuse le confort des futurs locataires)
  • À arpenter le pavé pour enfin aller goûter les délicieux falafels dont on nous parle depuis un an
  • À aller enfin un week-end sur la route des fromages de Savoie, qu’on planifiait mollement depuis cinq ans
  • À débloquer deux heures pour aller dans le premier bar à chats de Lyon. Car en termes de priorité avant de partir, je ne vois rien de plus impératif que d’aller dans un bar à chats ! Un BAR À CHATS quoi !

Il reste certaines incertitudes dont les variables sont le temps, le courage et l’énergie :

  • faire imprimer les albums photo de ces deux dernières années ?
  • changer moi-même la moquette tapissée de vomi félin un peu sale ?
  • aller faire un petit massage pour évacuer la tension ?
  • coudre les bouillottes sèches que j’ai en projet depuis cet été ?

Et on fait le deuil de ce qu’on ne fera pas, mais alors vraiment pas :

  • je n’irai jamais dormir à la belle étoile dans le jardin privatif de la copropriété, juste pour délirer, car l’été s’est presque fini avant d’avoir commencé
  • on n’ira jamais au fabuleux restaurant franco-japonais qui ne prend les réservations que plusieurs mois à l’avance
  • je n’irai pas me faire un petit week-end à Turin avant bien longtemps, pas plus que nous ne gravirons la Tournette en famille comme je l’avais prévu cet été.

Pour autant, les regrets n’ont pas de place ici : pour quoi faire ? Si nous n’avons pas pris le temps de réaliser ce que nous souhaitions, peut-être était-ce parce que cela ne nous tenait pas tant à cœur que ça. Lyon était une formidable ville d’adoption pendant près de douze ans. Maintenant, place à la nouvelle liste de choses à faire au Nouveau-Brunswick !

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La chance !

La chance !

Après avoir passé en revue les différentes questions à ne pas poser trop souvent aux futurs immigrants, j’en remets une petite couche avec LA phrase qui est sur toutes les lèvres sitôt le mot « Canada » prononcé.

« OH LA CHANCE ! »

Généralement prononcée par un réflexe pavlovien à tout événement heureux sortant de l’ordinaire, cette expression mérite qu’on s’y arrête.

Parce que quand on me dit « vous avez de la chance de partir », j’entends, selon mon humeur « ils n’y sont pour rien », « il n’y en a que pour les mêmes » ou encore « ils ont dû planter des poupées vaudou aux arbustes de leur jardin d’immeuble et sacrifier des bébés chats pour en arriver là ».

Aucun bébé chat n’a été sacrifié à l’autel du dieu Canada, pas plus que nous n’avons fait usage de trèfles à quatre feuilles, de fers à cheval ou de pattes de lapin.

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Notre processus d’immigration ne doit rien non plus au hasard.

Si vraiment, vous êtes bornés et tenez à impliquer la chance, je peux remonter au mois de février 2013, quand alors que nous venions à peine de décider d’immigrer : c’est peut-être la chance qui nous mis le nez sur un encart dans le 20 minutes faisant la promotion d’une réunion d’information sur le Nouveau-Brunswick. Réunion qui scella notre destin, comme chacun le sait.

On peut considérer qu’il s’agit de la chance d’être tombé au bon moment sur le bon 20 minutes.

On pourrait remonter encore plus loin et dire que la chance, c’est d’avoir fait des études qui nous ont mené à un métier qui aujourd’hui nous permet de partir, autant du point de vue de la formation que des finances.

Que la chance, c’est d’avoir eu une famille qui nous a payé ces études. Et donc, d’être nés dans la bonne famille. S’il doit VRAIMENT y avoir un critère de chance dans notre immigration, c’est à ce niveau qu’il se situe.

Et c’est tout.

Car sinon, rien, absolument rien n’a été laissé à la chance, ni au hasard, pas même au destin : nous ne sommes pas mutés, nous n’avons pas gagné de Green Card à la loterie, pas plus que nous n’avons remporté de « meilleur job du monde » version canadienne. Rien ne nous est tombé tout cru dans le bec [et c’est du reste bien malheureux, si vous voulez notre avis]

Notre chance, c’est d’être curieux, audacieux et têtus comme des mules acharnés, d’avoir eu l’envie de concrétiser nos projets, la patience d’attendre que nos efforts paient, la force d’atteindre nos objectifs.

Ce n’est pas grâce à la chance que nous avons participé à des réunions d’information, contacté des agents d’immigration, envoyé des courriers à tour de bras, fait deux semaines de repérages in situ, rencontré des associations d’aide à l’installation, participé à des forums pour ne pas nous planter, fait pipi dans un gobelet, rempli des formulaires, recontacté les agents d’immigration, repris notre téléphone, re-rempli et re-renvoyé des formulaires…

Ce n’est pas non plus la chance qui est intervenue à notre place quand nous avons démarché des déménageurs, repris notre téléphone ou notre plume pour résilier tous nos contrats, mis en ligne plus de petites annonces que nécessaire, cherché un logement, cherché des informations, cherché une voiture, été voir des administrations en personne et même créé une lettre d’informations pour vous narrer nos aventures !

Bref, nous l’avons VOULU, ce déménagement, et si vous voyez encore de la chance là-dedans, ce n’est pas mon cas !
[mais si Dame Chance voulait bien nous faire gagner au loto un de ces jours, on serait contents aussi, hein !] [Et alors l’expression conspuée serait tout à fait appropriée, on serait tous gagnants]

canada nouveau brunswick immigrer candidats des provinces résidence permanente immigrants bruneEn vrai, même si Martine râle, on vous aime bien ! Restez avec nous encore un peu !

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OUH PINAISE J-30

OUH PINAISE J-30

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Cinq questions à poser à un futur immigrant… ou pas.

Cinq questions à poser à un futur immigrant… ou pas.

Voici les cinq questions à poser à un futur immigrant… Une fois. Mais pas plus.

Pourquoi ? Parce que tout le monde les pose. Tout le temps. À chaque fois qu’on se voit. Dans tous les contextes. Et même que c’est exactement pour ça que j’avais mis en ligne ce blog, pour ne pas me métamorphoser en perroquet savant.

Loin de moi l’idée de paraître mesquine : je suis touchée de l’intérêt pour nos démarches et j’adore tellement qu’on prenne des nouvelles de notre processus d’immigration que j’ai l’impression d’être une licorne sur un arc-en-ciel quand ça arrive. Et même que c’est la deuxième raison qui m’a poussée à mettre en ligne ce blog, pour pouvoir déblatérer m’exprimer de tout mon soûl sans contraintes ni limites, comme vous l’aurez constaté.

Mais là, j’en appelle à votre pitié : cessons le massacre ! On en est à un point où on redoute l’arrivée du sujet du Canada dans la conversation.

Head in Hands

Vous avez trouvé un appart ?

Absolument, d’ailleurs cela fait six mois qu’on loue un appart dans le vide de l’autre côté de l’Atlantique, sans l’avoir visité, parce que la prévoyance, c’est tout à fait nous.

Nous préférons passer quelques jours dans un hôtel ou une location temporaire à notre arrivée, et visiter les appartements nous-mêmes pour nous rendre compte du quartier, des distances, des petits détails pénibles comme les moisissures et l’isolation.

Vous avez trouvé un emploi ?

1/ Cette question me porte à penser que tu ne sais toujours pas ce que je fais dans la vie 2/Trouver un emploi est déjà de la tarte quand on est sur la place, alors je te laisse imaginer à distance.

La plupart des offres d’emploi sont souterraines et n’atteignent pas les sites de petites annonces. Les Canadiens semblent privilégier le réseau et les contacts personnels, chose difficile à mettre en œuvre à distance. Martin cherchera un emploi une fois sur place. Martine fera bouillir la marmite en conservant son activité libérale – mais en étant immatriculée au Canada, évidemment.

Vous avez déjà commencé les démarches ?

Non, on s’est dit qu’on était jeunes et funs et que les démarches c’est pour les faibles, je vais montrer mes seins au douanier en descendant de l’avion, c’est encore ce qu’on a trouvé de mieux pour obtenir un permis de séjour.

Nous avons entamé les démarches voilà deux ans, en demandant un PVT en novembre 2012, à l’occasion de quoi nous nous sommes ramassés comme des grosses crêpes. Loin de rester sur cet échec, nous avons appris l’existence pris connaissance du Nouveau-Brunswick en février 2013 et entamé les démarches officielles en avril 2013. Actuellement, nous sommes sur le point de faire valider notre résidence permanente, la Green Card canadienne. Il ne nous reste qu’un formulaire à faire tamponner : nous pouvons dire que nous sommes à la fin des démarches.

Vous allez rester combien de temps ?

 Il faudrait déjà qu’on parte avant de pouvoir rester.

Vu le temps qu’ont pris les démarches, rester deux ou trois ans semble un minimum. Faute de posséder les pouvoirs extralucides d’une Mme Soleil, nous ne savons vraiment pas du tout combien de temps durera notre aventure canadienne : deux ans, dix ou une vie ?

Alors, pas trop stressés ?

La prochaine fois qu’on me pose cette question, je me change en dragon et je mets le feu à la ville. Voilà.

Non, ça roule. Et vous ?

Et la question complémentaire : On peut venir passer nos vacances chez vous ? Vous envoyer notre fils de 11 ans pour séjour linguistique ? Vous nous conseillez quoi comme visites ?

On se disait justement qu’on allait se reconvertir en agence de voyage et acheter un minibus. Quant à ton fils, tant qu’il n’a pas le permis, je ne peux rien pour lui !

Avec grand plaisir (je suis d’ailleurs la première à harceler nos amis qui s’expatrient… mea culpa), mais déménager est un processus prenant. En ce moment, toute notre attention est focalisée sur la préparation de notre départ ; une fois de l’autre côté de l’Atlantique, toute notre attention sera focalisée sur notre arrivée. Nous vous accueillerons tous avec joie une fois que nous serons installés pour de bon… en 2015 !

Si tu veux nous faire plaisir la prochaine fois qu’on parle immigration, demande-nous si on compte se mettre au hockey, quelle est la situation de la filière fromagère franco-canadienne et simplement, si tout se passe bien avec notre déménagement. Et ne t’acharne pas si tu vois qu’on devient gris et qu’on commence à donner des signes ostentatoires de changement de sujet (« Fait beau, hein ? ») : viens plutôt relire ce blog !

canada nouveau brunswick immigrer candidats des provinces résidence permanente immigrants brune(Ou tout l’article, d’ailleurs 🙂 (Source : Lyon CityCrunch)

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