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Coup de gueule sur la francophonie

Coup de gueule sur la francophonie

Bon. Ça ne va pas du tout. Je bouillonne intérieurement. Et extérieurement aussi, puisque je m’apprête à pousser une gueulante. Je n’en peux plus du mépris envers le français canadien, qu’il soit québécois ou acadien.

Nous venons de rentrer de notre sortie avec les ours de Kouchibouguac*. Nous étions une dizaine. Quelques anglophones, un couple français et un couple luxembourgeois. Et nous.

Alors que Papa Bear nous accueillait en français acadien avec sa sympathie et son sourire, les deux couples francophones ont commencé à sympathiser. Si « sympathiser » signifie cracher au visage de son hôte. Fraternisant pour les mauvaises raisons, ils ont embrayé au bout de quelques secondes à peine sur le « mauvais français des gens d’ici », critiquant cette personne ainsi que sa communauté devant lui, sans se soucier le moins du monde de savoir s’ils pouvaient l’atteindre avec leurs propos blessants.

L’atteindre, ils y sont probablement parvenus. Plus sûrement, ils ont atteint un autre objectif : donner une image aussi condescendante que méprisable des francophones européens. Bravo, bien joué. Nous vous remercions bien.

Il me semblait donc une bonne idée de remettre les pendules à l’heure. Certes, ce type de comportement est sûrement l’apanage des touristes qui survolent le pays et n’ont d’autres enjeux que de passer deux semaines agréables avant de rentrer chez eux, sans se soucier le moins du monde de savoir s’ils ont froissé les gens du cru et leur parler étrange, non mais hein ils parlent pas comme nous, ce sont des sous-Français qui parlent un horrible patois, hark-hark-hark.

Toi qui me lis, tu es probablement candidat à l’immigration et j’ose espérer, pour toi, pour les Canadiens francophones, pour nous tous, que tu as un chouïa plus de jugeote et de sensibilité que ça, et que tu te rends compte que critiquer ouvertement la façon de parler d’un membre de ton futur pays d’accueil ne te vaudra pas beaucoup de points sur l’échelle du bon immigrant. Ou sur l’échelle des bons êtres humains, d’ailleurs.

D’un point de vue linguistique, il n’existe pas de « bon » ou de « mauvais » français. Il n’existe que des variantes d’un socle commun. Ces variantes sont admises et correctes dans un endroit donné, et peuvent effectivement être « fausses » ailleurs. Le Français de France est correct en France, mais pas ailleurs. Pas au Canada. Il existe un immense socle commun entre les variantes française et québécoise, par exemple, mais aussi des différences en termes de vocabulaire et de ponctuation, entre autres, qui font qu’en tant que francophones européens, c’est NOUS qui ne parlons pas la « bonne » variante de français lorsque nous sommes au Canada.

Et d’ailleurs, le français de France n’est pas la « bonne » façon absolue de parler le français. C’est la variante en vigueur en France, et c’est tout, je le répète. L’Académie française fait autorité en France, mais au Canada, c’est l’Office québécois de la langue français qui prévaut, qu’on le veuille ou non (je ne crois pas qu’une telle instance existe pour l’Acadie, mais j’apprendrais son existence avec plaisir).

Je veux donc qu’on arrête tous de penser que les Canadiens parlent une version bâtarde du français, là où ils parlent une variante aussi correcte que le français suisse, sénégalais ou belge.

On a le droit de rire, évidemment, de rire d’un mot inédit ou d’une tournure inconnue, parce qu’on est surpris, parce qu’on trouve de la poésie au détour d’une expression nouvelle, parce qu’on redécouvre un mot qu’on avait oublié. On a le droit de rire avec émerveillement du mot. Mais pas de la personne qui l’emploie.

On a aussi le droit à des remarques linguistiques avec nos interlocuteurs si on sent que cela les intéresserait, mais pas le droit de corriger. On peut préciser qu’on ne savait pas que « couette » ici renvoie exclusivement à une coiffure et non à du linge de lit, qu’on apprend que « mitaine » désigne ce qu’on appelle une « moufle », tout comme en français de France, on a plein de mots pour désigner les crêpes selon leur pays d’origine et leur forme (crêpes, pancakes, blinis, okonomiyaki) et qu’on ne savait pas que ce qu’on appelle « pancake » en France est une « crêpe » en Acadie.

Pas le droit, en revanche, de soutenir mordicus que « c’est comme ça qu’on dit », et que les Canadiens doivent virer vite fait « tuque » de leur vocabulaire pour intégrer « bonnet », parce que « c’est comme ça qu’on dit EN FRANCE » (d’ailleurs, « bonnet » ici renvoie à la capeline à la Laura Ingalls, le saviez-vous ?).

Ça nous arrive à tous, évidemment, de faire un écart, surtout au début, avant d’avoir pris la pleine mesure de notre statut d’immigrant. On s’en excuse sincèrement, et on essaie d’arrêter le plus vite possible avec les réflexes de conquérants en terrain conquis, ce qui ne saurait être plus éloigné de la réalité.

On a aussi et surtout le droit de se rappeler que le simple fait d’être Français de France ne fait pas de nous des experts de la langue française simplement parce que notre nationalité a donné son nom à cette langue (ou vice-versa), et qu’un profil bas est généralement le bienvenu de la part des immigrants. Qui aimerait se faire reprendre sur sa façon de parler par un immigrant fraîchement débarqué ?

 

*cette chronique-brûlot a été écrite il y a quelques mois déjà… On hésitait à la publier, mais c’est chose faite.

 

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Comment louer un logement au Canada

Comment louer un logement au Canada

 Accrochez-vous, c’est ardu :

  • on entre en contact avec un agent immobilier ou une agence
  • on visite
  • on choisit
  • on se présente avec le dépôt de garantie, identique au montant du loyer et on remplit un dossier d’une page A4
  • on revient signer le bail deux jours plus tard et éventuellement régler le premier mois de loyer
  • on procède à un état des lieux très mignon (« il n’y a pas de trous, quelques taches dans cette chambre, c’est bon, signez ici »)
  • on emménage

Pas besoin que tes arrière-grands-parents paient l’ISF ni que tes parents signent un engagement solidaire sur 18 pages à recopier à la main et ce même si tu as la trentaine (toute fraîche certes, mais la trentaine). Pas besoin de te mettre sur liste d’attente ni d’être en concurrence avec 50 autres locataires potentiels qui gagnent tous trois fois ton salaire.

Ici, tout le monde il est gentil, tout le monde il est SIMPLE. Et louer un appart n’est pas le parcours du combattant qu’on connaît en France. On se demandait presque si on avait tout compris, tout fait, tellement les formalités ont été rapides.

La recherche pure et dure a été un peu plus compliquée que cela en raison de malentendus entre les différentes parties : nous avons mis environ dix jours entre la première visite et la signature du bail, mais pour le côté administratif, c’est exactement ça : on arrive, on remplit un dossier d’une page et on paie. C’est tout. Nous avons traité avec J’Édulogement et GroundFloor Property Management (en français).

On vous inventerait bien des péripéties pour écrire un article succulent de mésaventures, mais on s’en tiendra à quelques conseils aux futurs immigrants qui nous lisent.

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Les conseils de vieux schnocks de Martine et Martine

Si vous n’avez pas réservé de logement avant de partir, prévoyez au moins dix jours avant d’emménager. Il n’est pas impossible que vous trouviez un logement déjà vacant et dans ce cas, la remise des clés sera presque instantanée. Mais si le logement est occupé, il n’est pas impossible non plus que des travaux de rafraîchissement soient de mise après le départ du locataire actuel, ce qui peut prendre un temps inconnu. Nous avons renoncé à un appartement en étage avec balcon dans notre immeuble actuel faute de savoir quels rafraîchissements, et donc quel délai, étaient nécessaires avant de pouvoir emménager.

Si tu arrives en juin, c’est encore mieux car tu pourras profiter du jour du déménagement, le 1er juillet, où environ la moitié du pays déménage en même temps. Corolaire de cette situation : la moitié du pays emménage en même temps. Mais le 1er juillet, tu trouveras aussi plein de meubles gratos sur le bord de la route, et ça, c’est plutôt chouette.

Comme bien des locataires ici, nous avons signé un bail d’un an. Que cela ne vous effraie pas, il peut être cassé sous certaines conditions :

  • En trouvant soi-même un autre locataire pour reprendre le bail (pas de sous-location dans notre cas)
  • En payant une pénalité
  • Si le propriétaire augmente le loyer, nous sommes libres de refuser et plier bagage. Nous souhaitons presque que cela nous arrive ce printemps pour pouvoir changer de logement aux beaux jours !

Pour les amis des bêtes : notre appartement se situe dans un immeuble qui affichait une politique « pas d’animaux de compagnie » on ne peut plus explicite. Pourtant, nous ne sommes pas hors-la-loi avec Dora puisqu’elle a été mentionnée sur le bail. Il semble que seuls les chiens soient indésirables en appartement, et que les chats soient sinon les bienvenus, du moins tolérés. Chers félinophiles, si un appartement vous plaît, ne vous arrêtez pas à la mention « pas d’animaux » et demandez toujours, vous n’avez rien à perdre !

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Anecdote canadienne : selon le bail, nous n’avons pas le droit

  • de posséder un lave-linge et un sèche-linge (buanderie disponible à notre étage)
  • d’accrocher des drapeaux
  • de laisser l’appartement sans chauffage pendant les mois d’hiver

Comptez sur nous pour respecter ces directives à la lettre.

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Notre première bougie

Notre première bougie

Le blog souffle sa première bougie !

Un an d’articles, d’anecdotes, d’expériences et aussi d’échanges avec nos chers lecteurs, puisque vous êtes de plus en plus nombreux à nous contacter en privé pour nous demander des infos sur l’initiative stratégique au Nouveau-Brunswick (au lieu de poser vos questions dans les commentaires pour que tout le monde puisse profiter des réponses, bande de petits filous).

Et ça, ça nous fait immensément plaisir puisqu’au delà des nouvelles à la famille (coucou les mamans !), ce blog avait aussi l’ambition d’être utile et instructif pour des futurs candidats à l’immigration parce que, disons-le tout net, quand on se lance là-dedans, on fait plus que pédaler dans la semoule : on s’y noie proprement.

Donc MERCI à vous tous de nous suivre ! Cette année, nous avons reçu plus de 5 600 visites et plus de 14 200 pages ont été lues, ce qui nous gonfle d’orgueil et de fierté !

Nous entrons dans la dernière ligne droite du départ, avec toujours plus de rebondissements administratifs, de surprises logistiques et de montagnes russes émotionnelles. Restez avec nous encore un peu !

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Et ton appareil à croques, t’en fais quoi ?

Et ton appareil à croques, t’en fais quoi ?

Notre vie a basculé le 25 décembre 2011. Avant cela, tout n’était que grisaille, vacuité et croque-messieurs au four. Le 25 décembre 2011, notre vie a pris des couleurs grâce à l’apparition dans notre foyer de la Machine À Croques, devenue indispensable en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « croque-raclette« .

Quel rapport avec le Canada, me direz-vous ?

Notre vie risque de redevenir grise, morne et triste car il nous faudra probablement nous séparer de notre fidèle Machine, perspective qui suscite un certain désespoir dans notre petite famille (oui, le chat fait de nous une famille) qui a pris l’habitude de s’en servir de façon hebdomadaire.

Hélas ! Le voltage canadien est différent du voltage français… Et pas dans un sens qui nous arrange. Comparons :

  • Canada : 110 volts
  • France : 220 volts

Sans compter qu’au problème du voltage s’ajoute celui de la fréquence :

  • Canada : 60 h
  • France : 50 Hz

Bref, un imbroglio électrique qui risque de laisser perplexe ceux qui ont arrêté les sciences en première littéraire, comme Martine. Nous allons faire de notre mieux, n’hésitez pas à nous corriger si les notions n’étaient pas rigoureusement exactes.

Cet écart n’est pas un problème pour certains appareils micro-électroniques, qui supportent le système électrique français et canadien : ordinateur, appareil photo, téléphone portable notamment. On peut vérifier aisément leur compatibilité par une petite manipulation : il suffit de retourner son appareil pour accéder aux informations qui nous intéressent. On vérifiera ainsi s’il est adapté grâce à la mention « AC 110-240V, 50-60 Hz », lui évitant un décès aussi prématuré que violent en cas de branchement sauvage.

Ces petits appareils veinards devront simplement être équipés d’un adaptateur, puisque les prises ne sont bien évidemment pas les mêmes de chaque côté de l’Atlantique. L’adaptateur ne convertit absolument pas le voltage et se contente de rendre l’insertion d’une fiche française possible dans une prise canadienne, ou vice-versa si vous avez un adaptateur universel digne de McGyver (c’est notre cas !). Vous le connaissez bien car vous vous en êtes tous servis pour recharger des appareils lors de vacances à l’étranger.

L’adaptateur seul ne nous sera par contre d’aucune utilité pour notre chère Machine à Croques, qui elle, ne supporte ni 110 volts ni 60 Hz. Elle devra faire équipe avec un joli petit transformateur si elle souhaite ne pas griller autre chose que du fromage (des fusibles ?). Le transformateur, comme son nom l’indique, permet de transformer voltage et fréquence pour un fonctionnement optimal. Il peut également servir d’adaptateur si le fabricant a bien conçu son produit.

Transformateur électrique nouveau-brunswick canada initiative stratégique

Source

Optimal, optimal, c’est vite dit. Il semblerait, au fil des informations glanées en ligne, que le transformateur réduise la durée de vie des appareils. Sans oublier qu’il fait généralement la taille d’un petit congélateur, ce qui empêche d’en équiper chaque appareil qui en aurait besoin.

Nous sommes donc légèrement désemparés, coincés entre l’espoir de ne pas abandonner notre Machine à un sort funeste entre les mains de proches qui s’en serviraient deux fois l’an, et la contrariété de potentiellement s’encombrer d’un appareil inutilisable et invendable une fois sur place. Si le débat vous intéresse, vous trouverez des ressources plus ou moins techniques ici, ici ou encore .

Hormis l’exemplaire Machine À Croques, la question ne se pose pas pour la télé en raison des normes PAL/SECAM inexistantes outre-Atlantique, le frigo (trop encombrant, sans compter que Martin rêve d’un frigo américain même si ça va nous coûter un bras) ainsi que tout le gros électroménager. Le petit électroménager, en revanche, est en sursis : pas de pitié pour le grille-pain, le micro-ondes, la machine à coudre… que nous n’aurons pas de mal à racheter d’occasion à moindre coût.

Malgré les imperfections des transformateurs, nous devrions malgré tout tenter l’aventure du transformateur pour notre cafetière What Else?, produit de luxe outre-atlantique. Après quelques recherches, il semblerait même que la Machine À Croques ait son pendant canadien, perspective des plus réjouissantes.

Et heureusement, on peut faire des fondues sans électricité et de la raclette au four (de toute façon, au prix où sont ces fromages…) !

*Flash-info-dernière-minute du 13 novembre 2013 : devant tant de pathos, l’un d’entre vous, chers petits lecteurs, a craqué et s’est proposé pour adopter notre machine à croques contre bons soins à notre départ. Nous sommes sûrs qu’elle se plaira dans son nouveau foyer et y fera tout plein de petits croques-raclettes.*

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