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Essayez, vous pourriez réussir

Essayez, vous pourriez réussir

123Quand on a pris la décision de quitter la France, fin 2012, c’était en réaction à la morosité qui grevait notre pays depuis plus de quatre ans. Depuis « la crise », la fameuse crise des subprimes qui avait tant fait souffert le monde jusqu’à vomir son nom, la France ne s’était pas vraiment remise du traumatisme. Martin et moi n’avions pas souffert dans nos domaines, mais c’était loin d’être le cas de tout le monde. Licenciements de cadres, amis qui se réfugient dans la fonction publique. Notre génération de jeunes diplômés de l’année fauchés par « la » crise, obligés de sacrifier rêves et esprit d’entreprise, pour la plupart. J’ai pourtant créé mon entreprise de traduction en 2007, avec succès.

Quatre ans plus tard, le choc est toujours présent, et le traumatisme est devenu insupportable. Plus de prises de risques. Plus d’entrain. Plus de joie de vivre. Les seuls qui ont encore de l’optimisme, ce sont les joyeux allumés de La Cordée, entrepreneurs, indépendants, des professionnels qui croient à l’avenir.

Ce sont bien les seuls autour de nous. En France, en 2012, plus personne ne croit en rien, ni en le gouvernement qu’il vient pourtant d’élire plus par dépit que conviction, ni en l’économie. Et je ne parle même pas de la situation actuelle, avec ses crises identitaires qui semblent sorties tout droit des âges sombres du XXe siècle.

Bref, en 2012, la France avait beau être notre patrie, ce n’était plus le pays dans lequel nous avions envie de vivre. Nous voulions de l’optimisme. De l’entrain. De l’esprit d’entreprise.

Et nous voilà au Canada. Certes, le Nouveau-Brunswick est la province la plus pauvre du pays, mais le contraste est si fort qu’on ne peut que se demander ce que donne la mentalité dans des villes comme Toronto ou Montréal. Évidemment, la situation sociale n’est pas si différente : il y a des pauvres, des riches, une classe moyenne, des entreprises florissantes, des secteurs qui coulent.

Mais dans le milieu dans lequel nous évoluons (classe moyenne diplômée, cadres et professions indépendantes), nous sommes servis pour l’optimisme. Pour l’esprit d’entreprise. Tu veux faire quelque chose ? Fais-le ! Tu te casseras peut-être la gueule, mais tu l’auras FAIT. Tu veux monter une entreprise de restauration de luths alors que tu es informaticien ? Une garderie alors que tu es chauffeur routier ? Un atelier de gravure ? Une boulangerie paléo et gluten-free ? FAIS-le, tu pourrais réussir.

Voilà l’immense différence. On nous dit « tu pourrais réussir » au lieu de « tu pourrais échouer ».

Évidemment qu’on pourrait échouer. L’un ne va pas sans l’autre. Mais l’échec n’est pas aussi stigmatisant. Ce n’est pas la fin du monde. Ce n’est pas humiliant, cela fait tout simplement partie du processus normal quand on FAIT.

Et évidemment, réussir n’est pas sale. Entreprendre, gagner de l’argent, vivre de ce qu’on aime, vouloir changer les choses non plus. Plutôt que de se complaire à râler, on FAIT.

On en connaît, des gens qui entreprennent. Tous ne sont pas à temps plein. Beaucoup ont un emploi qu’ils aiment plus ou moins la journée, et une petite entreprise le soir. Qu’ils soient gérant le jour et designer le soir, chauffeur de bus scolaire le jour et photographe le week-end, traductrice le jour et blogueuse la nuit (c’est moi ça, au fait). Ils essaient. Ils FONT.

J’aimerais illustrer cette mentalité par une anecdote que nombre d’entre vous connaissent déjà, mais qui m’avait laissée sans voix.

En début d’année, une épicerie a brûlé en centre-ville. Une épicerie bio, la seule dans Moncton même, aimée de tous, au propriétaire apprécié. Un incendie accidentel, mais tout a brûlé.

« Son épicerie a brûlé, mais en fin de compte ? C’est une opportunité incroyable pour lui. Il va pouvoir rebondir et repartir de zéro ».

Un incendie. Une opportunité.

On parlait bien de la même catastrophe, là ? D’une tragédie personnelle et professionnelle ? D’un homme qui avait tout perdu ?

Oui… et non : en perdant ses locaux, il avait gagné l’opportunité de rebondir.

Ce n’était pas un petit jeune naïf qui me parlait, mais bien une femme à l’aube de la retraite, à l’âge où d’autres commencent à avoir peur de tout. Une femme qui venait d’ailleurs de changer d’emploi, à 60 ans passés, avec toujours l’envie de travailler. Une femme qui n’avait rien perdu de son optimisme.

Pour revenir à notre petit commerçant infortuné, on lui prédisait de rebondir, et il l’a fait. Oh ça oui. Deux semaines plus tard, le propriétaire avait réouvert boutique dans un nouveau local. Deux semaines, c’est tout ce qu’il lui aura fallu. Il propose aujourd’hui un petit commerce de sushi et une épicerie. Peut-être n’avait-il pas le choix, parce qu’il fallait continuer à payer ses factures. Peut-être que tout simplement, personne ne s’est non plus apitoyé sur son sort en déplorant l’échec, pour lui laisser la place d’entreprendre à nouveau.

Vous tous, qui vous levez chaque matin avec l’envie d’entreprendre en France sans oser, parce que les banques sont frileuses, vos proches sont résignés et même votre esprit combatif commence à faiblir.

Vous tous qui hésitez même à immigrer, parce qu’on vous prédit l’échec, parce qu’on vous met en garde contre les différences culturelles, qu’on parie sur votre retour.

Vous qui aimeriez vous lancer dans une aventure en indépendant sans oser y croire, parce que ce ne serait pas sérieux, parce que ce serait fou, parce que ce serait prendre des risques.

Souvenez-vous de ces mots. Vous pourriez réussir. Souvenez-vous qu’il existe des lieux où entreprendre est possible, où l’optimisme est la norme. Cela ne veut pas dire que tout le monde réussit, ni que tout le monde ose, mais je vous garantis que cela change tout.

 

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Tranches de vie : juillet 2016

Tranches de vie : juillet 2016

Mes petits ratons-laveurs, je suis désolée. Je vous néglige. Il fait beau et chaud, et j’ai davantage la tête à profiter de notre courte belle saison qu’à passer du temps devant mon écran. Prenez cela comme une trêve estivale, et soyez sûrs que je reviendrai avec plein d’articles pour la rentrée. En attendant, un petit résumé des activités du mois de juillet.

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Le mois a bien commencé avec la fête du Canada ! Une belle journée caniculaire, en rouge et blanc, avec plein d’activités le long de la rivière Chocolat.

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Juillet a surtout été marqué par la visite de la famille : la mère de Martine et une de ses amies. Après une croisière sur le Saint-Laurent depuis Montréal, elles ont débarqué aux Îles-de-la-Madeleine et y ont été accueillies par Martine, qui avait fait le déplacement pour l’occasion. De superbes îles, on vous en reparlera !

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En rentrant, elles se sont arrêtées sur l’île du Prince Édouard au parc national de Grrenwhich, et à Charlottetown l’espace d’une soirée.

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Ma mère et son amie sont restées dix jours à Moncton. Après avoir vu la province sous un jour hivernal en avril 2015, elles ont découvert l’été au Canada, avec ses plages de sable blanc et sa chaleur (en pleine canicule, tout de même ù). Nous sommes allées à la (re)découverte de jalons de la province comme les rochers Hopewell…

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…le parc de Fundy…_1160156 _1160167 _1160193 (2)

…le parc de Kouchibouguac…
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…et avons même assisté à un powwow près de Miramichi !_1160224 (2) _1160230 (2)

 

Après ces dix jours intenses, nous n’avons pas vraiment beaucoup bougé. Nous avons fêté le 3Xe anniversaire de Martin par une belle journée et le mois s’est terminé assez rapidement.WP_007513Profitez bien de ce bel été et à bientôt !

 

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Une semaine avec le Festival Inspire

Une semaine avec le Festival Inspire

À la mi-juin, Moncton s’est mise aux couleurs du Festival Inspire, un grand rassemblement de barjos qui donne un autre visage à la ville, année après année.

Si je voulais être parfaitement honnête, ce n’est que la deuxième édition, mais la ville ne compte pas moins de dix nouvelles fresques venues s’ajouter aux cinq déjà réalisées l’an dernier, et ce n’est pas exagérer que de dire que le visage de la ville change.

Si vous vous souvenez, le Festival Inspire avait déjà commis une soirée en plein air… sous la neige, c’était en février. Et la bataille d’oreillers, aussi. Vous situez les joyeux drilles, maintenant ? J’adore ces gens.

Au programme de la semaine de festival :

Un lancer des couleurs à la façon de Holi

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Une rando disco à vélo à la découverte des nouvelles fresques, avec des boules à facettes parce que pourquoi faire une rando normale quand on peut réveiller animer toute la ville à coups de tubes disco ?

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Et même du tricot urbain, où Martine et une horde de tricoteuses déchaînées ont sévi sur la ville à grands coups de tricots doux et moelleux (qui ont déjà hélas disparu du paysage).

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Sans oublier le samedi, point d’orgue du festival, une journée estivale par excellence, avec son lot de jongleurs de feu, food trucks, échassiers, concerts et bonne humeur !

Un petit aperçu des fresques  :

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Un reportage : http://ici.radio-canada.ca/regions/atlantique/2016/06/22/002-fresque-art-mural-moncton-artiste-nb.shtml

Crédits photo : perso, Andy Demaret, ou photographes ayant contribué au Festival Inspire dont L.P. Chiasson.

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Tranches de vie : avril 2016

Tranches de vie : avril 2016

En avril, ne te découvre pas d’un fil. En avril, fais aussi ce qu’il te plaît.

tranches de vie avril 2016

En avril, participe à une bataille d’oreillers organisée par le festival artistique Inspire (crédits photos : Andy Demaret, Festival Inspire et JP Chiasson Photographie). En pyjama môssieur, voui môssieur.
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En avril, participe à un atelier sur la traduction organisé par le festival littéraire Frye.
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En avril, sucre-toi le bec à notre désormais traditionnel rendez-vous français à la cabane à sucre._1140552 (2) _1140554 (2)

En avril, participe à une bachelorette (enterrement de vie de célibataire) et garde le secret sur le contenu de cette soirée, car ce qui se passe lors d’une bachelorette reste dans une bachelorette.

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En avril, va à la plage de Parlee et profite du soleil, des jeux pour enfants tout en restant admiratifs devant les kite-surfers qui bravent les éléments.WP_006489 (2) WP_006497 WP_006502 (3)

Bref, en avril, fais plein d’activités sympas en attendant la fin de l’hiver !

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Ces objets dont vous ne soupçonniez pas l’existence

Ces objets dont vous ne soupçonniez pas l’existence

Quand on vit quelque part, on pense avoir tout compris. On a tous les objets qu’il nous faut pour le quotidien, et aucun objet ne manque à notre vie.

Aucun ? En es-tu sûr ? Penses-tu vraiment que ta vie ne serait pas plus belle si tu avais… un barbecue à roulettes pour l’emmener partout avec toi, au parc, chez tes amis, en vacances (attention au passage à la douane cependant) ?

ces objets improbables donc indispensables

… un oreiller cervical pour dormir dans l’avion, mais mille fois mieux : avec une capuche !
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… un cubi de café Starbucks pour tes réunions d’entreprise ?
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…un ouvre-boîte horizontal qui possède une petite pince pour ne pas te couper en soulevant le couvercle ?

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… des cure-dents à la cannelle ?

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… une boîte aux lettres en forme de poisson (OK tu la connais, mais on l’adore !)

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… une pique pour planter ta canette de bière soda dans le sable ?

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… une pique pour planter ton chien attacher la laisse de ton chien dans ton jardin pendant que tu vaques à tes occupations ?

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… un arceau pour transporter ton café partout, même en vélo ?

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…un gobelet en plastique vendu déjà traversé d’une paille, éminemment pratique pour le transporter dans ton sac ?

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…une brosse anti-poils de chat durable ?

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…une brochette flexible ?

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… des ballons autoscellants pour l’anniversaire de ta progéniture, car on sait tous parfaitement que faire un noeud à un ballon a toujours l’oeuvre de Satan en personne ?

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… un pèse antigel pour ceux qui fabriquent eux-même leur antigel et veulent être aux normes (peut-être ?) ?

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… un cache-clé en fausse pierre absolument impossible à distinguer d’une vraie, qui ne hurle pas du tout « mes clés sont cachées là-dessous, wouhou, venez ici les petits voleurs » ?

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Cette chronique n’a pas été sponsorisée par Canadian Tire, mais aurait pu.

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Tranches de vie : février 2016

Tranches de vie : février 2016

Février avait pourtant bien commencé, avec son lot de sorties en raquettes à Kouchibouguac…

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de soirées dansantes sous la neige…

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de sorties en raquettes au parc centenaire…

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de soirées française (OK juste une)…

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de sorties en ski de fond pendant la pause déjeuner…

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de sorties culturelles pour la Saint Valentin…

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Et le 13 février, cette série d’activités fort sympathique a atteint un terme brutal avec l’arrivée chez d’Indiana, joli petit Samoyède de 2 mois et demi qui est devenu l’unique occupation de notre temps libre ces dernières semaines. Nous commençons à peine à sortir la tête de l’eau et à retrouver le temps d’écrire. Pour nous faire pardonner, un florilège de photos de sa bouille de petit chiot :

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Confessions indignes : les actualités françaises, cette drogue

Confessions indignes : les actualités françaises, cette drogue

– Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode de Confessions indignes, le magazine des gens qui ont des problèmes pires que les vôtres, présenté par Mireille Dublabla. Nous accueillons ce soir un couple au problème plutôt singulier.

– Bonjour Mireille… bonjour à tous. Nous nous appelons Martin et Martine.

– Booonjour Martin et Martine !

– Euh… si nous sommes là ce soir, c’est pour un problème qui n’est pas facile… Non pas facile…

– Allez-y, exprimez-vous en toute confiance. Nous sommes là pour vous aider.

– Et bien… nous regardons toujours les actualités françaises.

– Dites-nous en plus ?

– Nous regardons toujours UNIQUEMENT les actualités françaises. Et jamais les actualités canadiennes.

– Ah oui quand même. Vous savez que vous jouez avec le feu ? Que le gouvernement peut révoquer votre résidence permanente pour non-intégration ? Cela fait combien de temps que vous vivez au Canada ?

– Même pas un an. Un an à peine. Bon OK : un an et quatre mois.

– Et hormis le fait de partager avec nous un acte illégal pour dynamiser notre audience, pourquoi ressentez-vous le besoin d’en parler ici ce soir ? 

– Nous avons l’impression d’être le mauvais cliché des immigrants qui continuent à garder un pied et demi dans leur pays d’origine. Tous nos amis ou presque sont français ! Nous parlons le français de France ! Et en plus, nous regardons le JT… Nous ne pouvons pas nous empêcher de regarder le 20 heures de France 2 au moins une fois par semaine ! David Pujadas est comme une drogue. Sommes-nous irrécupérables ?

– C’est si important que ça de connaître les faits divers en Charentes Maritimes ? Les avalanches dans les Hautes-Alpes ? Et pourquoi pas regarder le 19 h de France 3 Rhône-Alpes pendant qu’on y est ?

– On se sent bien penauds en effet…

– La bonne nouvelle, c’est que si votre cas est grave, il n’est pas désespéré. Il n’est jamais trop tard pour s’intéresser aux affaires internes de votre pays d’accueil et devenir de bons petits immigrants.

– Mais on n’y comprend rien à la politique ! On a bien retenu que le premier ministre s’appelle Justin Trudeau, mais à part ça, on ne pane rien. Le ministre de l’économie ? Connais pas ! Le ministre de l’intérieur ? Inconnu ! Et en plus, il faut se souvenir des ministres fédéraux, mais aussi des ministres provinciaux ! Comment vous voulez qu’on s’y retrouve ?

– En faisant un petit effort ?

– Non mais on a déjà mis toute notre vie à comprendre la politique française, recommencer à zéro dans un autre pays, c’est trop ! On ne sait pas qui a corrompu qui sous un autre gouvernement, qui fait du trafic d’influence, qui a détourné combien lors des dernières élections, qui a des comptes secrets en Suisse…_1130828

– Effectivement, présenté comme ça…

– Comment comprendre la politique d’un pays sans savoir qui a retourné sa veste ? Et qui a conclu une alliance renégate avec qui ? Qui a poignardé qui dans le dos ? On ne sait même pas quels grands scandales politiques ont fait vaciller le pays ! Qui est infréquentable ? Qui a la meilleure langue de bois ? Qui est le souffre-douleur ? On n’a encore trouvé personne qu’on adore détester ! C’est incompréhensible ! Il faudrait reprendre toute la généalogie politique des trente dernières années, c’est dantesque !

– Il n’y a pas que la politique au JT. Connaître un peu ce qui se fait au niveau culturel, la géographie, tout ça c’est important…

– L’une des lois universelles du JT est qu’il n’est un ramassis de faits divers. Et quitte à connaître des faits divers, autant savoir les situer sur une carte, et quitte à voir des gens interviewés, autant les connaître tout court…

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Coucou Laureline ! Tu te souviens de moi ? (j’ai vraiment rencontré cette personne dans la vraie vie)

– Et les perspectives différentes sur la politique étrangère, ça ne vous intéresse pas ? Avoir la perspective canadienne sur le conflit israélo-palestinien ou la crise des réfugiés en Europe ?

– Moui…

– Il suffirait de remplacer un visionnage du JT de France 2 par une lecture assidue de The Globe and Mail ou National Post. Ou écouter Radio Canada dans la voiture. Je ne dis pas que vous allez comprendre tous les tenants et les aboutissants en deux semaines, mais c’est un bon début.

– Pour de vrai ? Notre cas n’est pas désespéré ?

– Vous pouvez vous acheter « La politique canadienne pour les nuls », sinon.

– Ça n’existe pas. On a vérifié.

– Et c’est bien dommage. Pous, le premier pas vers la guérison serait de dire au revoir à Pujadas et à vous sevrer complètement. Heureusement que vous n’êtes pas accro à Jean-Pierre Pernault, je ne sais pas ce qu’on aurait fait de vous…

– Complètement ? Plus de 20 h ?

– Plus de 20 h. On vous autorise encore d’accéder aux journaux français en ligne comme Le Monde ou Le Figaro, mais sinon, plus de télé française. De toute façon, la télé, c’est le mal. Ce n’est pas comme si vous aviez du temps, en plus.

– …

– Et que ça saute !

– …merci ?

Ne ratez pas notre prochain épisode de Confessions indignes : je teins mon chat en raton-laveur. 

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La comparite

La comparite

Quoi de neuf docteur ? On ne s’avancera peut-être trop en disant que tout immigrant est passé par une maladie assez étrange, dont les symptômes semblent anodins mais gagnent en intensité au fil du temps : la comparite.

Plus prévalente chez les immigrants nourrissant une grande fierté à l’égard de leur pays, à l’instar des Français, la comparite est un vrai fléau de la vie en société.

Causes

Lorsqu’un immigrant ne sait pas quoi dire, faute de bien connaître son pays d’accueil ou son interlocuteur, il aura tendance à se raccrocher à ce qu’il connaît et à tout ramener à son pays d’origine. On parle alors de « comparite ».

Diagnostic

Les personnes les plus à risque sont celles qui sont fières d’être d’une nationalité donnée (souvent française), qui viennent de débarquer ou qui aiment leur condition d’immigrant en dehors de la société canadienne. Les adultes sont généralement les plus exposés. Les personnes ayant des antécédents d’expériences à l’étranger peuvent cumuler les comparites (« moi, au Togo… » ; « et tu savais que sur le lac Titicaca, ce sont les hommes qui tricotent… »).

Facteurs de risque

La nostalgie du pays exacerbe la comparite. L’absence de connaissance du pays d’accueil aussi.

Symptômes

L’immigrant atteint de comparite prononce les phrases suivantes à tout propos (pour l’exemple, prenons un ressortissant de nationalité française) :

  • en France, on fait comme ci
  • en France, on fait comme ça
  • c’est bien mais en France…
  • en France on a…
  • en France c’est mieux…
  • en France
  • France
  • France
  • France

Exemple 1

– Je vais démissionner dans deux semaines, vivement que j’aie fini !

– Tu sais qu’en France, le préavis de démission est de trois mois ? Deux semaines c’est super court !

Exemple 2

– Je me suis acheté un nouveau char avec démarreur à distance et siège chauffant.

– En France on n’a pas de siège chauffant.

Exemple 3

– Fait beau, hein ? +2°C, qu’est-ce qu’il fait chaud pour un mois de février !

– En ce moment en France, il fait + 15 °C.

 

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« En France, on n’a pas autant de neige »

Conséquences sur l’entourage

Celui-ci peut facilement se lasser de ce qui ressemble à une démonstration de la supériorité d’un pays sur un autre, ou d’une étroitesse d’esprit de la part du patient qui ne cherche pourtant qu’à engager ou nourrir la conversation.

Complications possibles

À un stade avancé, la maladie est parfaitement imbitable et toute conversation devient impossible. Le malade parle de la France à tort et à travers, n’attend que son tour de parole pour parler de la France, provoque les comparaisons avec la France. L’interlocuteur met souvent fin à la conversation rapidement pour éviter d’être contaminé.

Une variante intéressante de la comparite est la « comparite inversée » : de retour au pays, le patient n’aura de cesse de parler du Canada, exactement dans les mêmes conditions que la comparite normale. Ce cas est néanmoins moins grave, les interlocuteurs provoquant généralement la comparite en posant des questions sur l’expérience du patient à l’étranger, et coupant vite court à la conversation en cas de lassitude.

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Traitements

  • En apprendre plus sur son pays d’accueil, afin de pouvoir enchaîner sur les conversations politiques (certes moins fréquentes qu’en France) (argh, petite rechute)
  • En apprendre plus sur son interlocuteur, pour pouvoir lui parler de lui et non de notre pays
  • Arrêter de vouloir comparer les torchons et les serviettes
  • Laisser faire le temps, car si la comparite connaît un pic au bout de quelques mois, proportionnel à la nostalgie de la mère patrie, elle finit en général par s’estomper sous un an.

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Tranches de vie : janvier 2016

Tranches de vie : janvier 2016

Si tu n’aimes ni la neige, ni les sports de neige, passe ton chemin : cette chronique en est remplie ! Tels des Olympiades hivernales, nous avons enchaîné les épreuves.

Première épreuve : la luge ! De nuit sous la neige battante, notre fine équipe néanmoins battu des records de vitesse, et je ne suis pas peu fière de dire que je possède la luge la plus rapide de toute !

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Martin jauge la piste avec dignité (à gauche) tandis que Martine vit déjà la course (deuxième à droite).

Deuxième épreuve : la raquette ! Petite mise en jambes le long du ruisseau Humphrey, lors d’une sortie juste après une chute de neige. La neige était fraîche et le sentier parfaitement intact. Un vrai régal._1130569 _1130597 _1130610

Troisième épreuve : les raquettes au parc Irishtown ! Deux heures de rando sur un chemin inusité à la découverte de recoins secrets du parc. De mieux en mieux._1130484 _1130488 _1130496 _1130498

Dans un tout autre registre, après Loki, nous avons accueilli Kate et Sarah pour Carma l’espace de trois semaines. Celles-ci sont déjà reparties vers d’autres horizons, faute d’avoir pu s’adapter au caractère méphistotélique de Dora.

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À part baguenauder dans la neige, nous avons aussi tricoté. Enfin, surtout Martine. L’initiative 25 000 Tuques Moncton propose de tricoter des accessoires hivernaux pour les nombreux réfugiés syriens arrivés à Moncton. Ci-dessous, les deux instigatrices des dons de tricots aux réfugiés : Sabah et Diane.WP_005155

 

Nous avons aussi fêté l’Épiphanie… Enfin, nous avons surtout mangé de la galette. Oui, on peut en trouver à Moncton, et c’est chez Tony’s que ça se passe !

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Enfin, nous avons battu un record de froid pour la saison : -20°C réels, -30°C ressentis. Ce matin-là, les narines gelaient, les doigts aussi et la rivière Chocolat prenait l’air de rien des allures de source chaude tant l’écart de température entre air et eau était grand… Magique.WP_005047 WP_005048 WP_005051

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Bons plans pour s’occuper gratuitement (ou presque) en hiver

Bons plans pour s’occuper gratuitement (ou presque) en hiver

Si tu as choisi de venir au Canada, il y a des chances pour que tu aimes la neige, le froid et le vent glacial, ou du moins, que tu les tolères raisonnablement. Pour autant, se contenter d’aimer la neige ne suffit pas : il faut lui montrer que tu l’aimes.

Voici quelques idées d’activités gratuites pour tous pour déclarer ta flamme à la neige dans le Grand Moncton jusqu’en mars.

Marcher

Commençons par l’évidence : marcher, c’est gratuit, et ça tombe bien : tous les parcs et sentiers de Moncton, Dieppe et Riverview sont bien déneigés et entretenus de façon à permettre la marche simple. Il suffit d’avoir des bottes de neige imperméable et tu peux commencer à arpenter les sentiers : sentier Riverain, sentier du ruisseau Humphrey (vers chez nous !), sentier Nord-Ouest.

Patinoires

À défaut de pouvoir patiner sur la rivière Chocolat comme on le ferait sur le Canal Rideau à Ottawa, on peut opter les nombreuses patinoires d’extérieur de Moncton, Dieppe et Riverview. Il suffit de venir avec ses patins (à ma connaissance, aucune ville n’en loue) et de se lancer. Tu peux trouver des patins d’occasion pas cher à l’Armée du Salut ou Value Village (5 $ environ).

Les patinoires d’intérieur (Aréna Kay à Moncton, et aréna Centenaire et au Centre Arthur-J.-LeBlanc à Dieppe, notamment) proposent des créneaux de patinage gratuits ou à prix modique (2 $).

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Concert-patinoire

Encore mieux : le vendredi soir du 8 janvier au 4 mars, Dieppe propose autour de la patinoire de la Place 1604 un concert gratuit, avec chocolat chaud et chamallows à faire griller au coin des braséros. Retrouvez la programmation ici. On adore l’ambiance et peut-être vous y croiserez-nous (un chocolat chaud gratuit pour qui arrivera à nous reconnaître sous nos cagoules !).

Calèche

Au parc Saint-Anselme de Dieppe, les familles (et tout le monde d’ailleurs, pas besoin d’avoir/être un enfant pour en profiter !) peuvent faire un tour de traîneau à cheval. Ça se passe du 10 janvier au 20 mars de 13 h à 16 , et c’est vraiment gratuit (attends-toi peut-être à faire la queue, par contre).

Ski de fond et raquettes

La ville de Moncton met à disposition skis de fond et raquettes gratuitement au parc Centenaire ou et Mapleton tous les dimanches de février, sans oublier l’inévitable chocolat chaud offert par Tim. Vérifiez bien les dates, la location gratuite est proposée en alternance dans les deux parcs. Si vous vous gourez, les deux parcs propose de louer ce matériel à prix modique (5 $ de mémoire) :

Parc centenaire (skis de fond et raquette) : le mercredi de 16 h à 19 h, samedi et dimanche de 11 h à 18 h.

Parc Mapleton (raquettes) : le dimanche de 13 h à 16 h

Parc d’Irishtown : pas de location, mais si tu as ton matos, il y a largement de quoi marcher dans la poudreuse sans s’ennuyer. Si tu veux pousser un peu plus loin, les parcs de Kouchibouguac et Fundy sont aussi ouverts aux raquettes et skis de fond.

Il semblerait qu’il y ait une piste de snowboard à Riverview ! Nous venons de découvrir cette info et irons la vérifier dès que possible. Pour la science, évidemment.

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Luge

Une piste de luge est disponible au parc Rotary Saint-Anselme, il te suffit de venir avec ta luge (2 $ au Dollarama, probablement) et en avant Simone ! Elle est ouverte tout le temps, donc si l’envie de prends de faire une descente en luge de minuit (c’est comme un bain de minuit, mais en plus habillé. Et avec une luge), c’est possible.

Tu peux aussi glisser au parc Centenaire, vers le petit lac. Ou dévaler la colline derrière chez nous, mais nous tenons cet endroit secret.

Carnaval

Riverview propose son carnaval du 5 au 14 février (à confirmer). Nous subodorons qu’il ne s’agit pas d’un carnaval déguisé comme on l’entend dans le Nord, en Belgique ou en Suisse, mais simplement une semaine d’activités sur le thème de l’hiver, ce qui est déjà pas mal. Selon le programme de l’an dernier, les réjouissances étaient les suivantes : chocolat chaud gratuit (on s’en lasserait, hein ? NOOOOOON JAMAIS), feu d’artifice, patinage, traîneaux, atelier sur le camping en hiver, concours de sculptures sur neige…

Plus ou moins la même chose a lieu à Dieppe.

Érable

OK on n’y est pas encore (début des réjouissances en mars), mais n’oublie pas : tu peux profiter d’une (ou 25) visite gratuite à l’érablière du grand Moncton (vers le barrage de Turtle Creek à Riverview) et si tu avais une volonté de fer, tu pourrais te contenter d’un bâtonnet de tire d’érable pour 2 $ dans les érablières de Gorge Road. Mouhahaha.

Natation

Marre des loisirs de neige ? Contrairement aux autres bons plans, nous n’avons pas vérifié cette info par nous-mêmes, mais il semblerait que l’on puisse nager au YMCA pour 2 $ le dimanche de 14 h 30 à 16 h 30.
Enfin, si tu trouves le courage de te jeter à l’eau quand il fait – 235°C à l’extérieur !

Tricoter

Si les grands espaces, ce n’est pas ton fort et que tu préfères le coin du feu, tu peux te rendre utile et venir tricoter bonnets, écharpes ou autres pour les réfugiés syriens avec le groupe Tricotons ensemble et 25 000 Tuques Moncton au pavillon Rotary du parc Saint-Anselme, à Dieppe le mercredi de 18 à 21 heures jusqu’au 27 janvier. Aiguilles et laine sont fournis gratuitement, tout le monde est le bienvenu, quel que soit son genre, son âge et surtout son niveau en tricot. Et c’est pour la bonne cause !

Si avec tout ça tu t’ennuies, tu nous feras le plaisir de demander immédiatement une résidence permanente pour des pays plus cléments comme la Jamaïque ou l’Indonésie. Pour les autres, au plaisir de vous croiser sur les sentiers et autour d’un chocolat chaud !

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