L’initiative stratégique, Épisode II/IV : le voyage exploratoire

L’initiative stratégique, Épisode II/IV : le voyage exploratoire

Gros morceau de notre parcours d’immigration jusqu’à présent, le voyage exploratoire imposé fortement conseillé dans le cadre de l’initiative stratégique, que nous avons effectué en juin dernier, nous aura permis de constater en personne à quoi ressemble la province.

Vous pensiez peut-être qu’on est allés se la couler douce en sirotant des cocktails au bacon dans la baie de Fundy ? Ha ! Quelle méprise.

La raison d’être du voyage exploratoire, c’est enchaîner les rendez-vous professionnels et pratiques pendant une semaine, et croyez-nous, ce fut parfois éprouvant. Mais aussi terriblement instructif.

Je reprends pour ceux qui ne suivent pas, au fond près du radiateur : le voyage exploratoire est un voyage de prospection et d’exploration dont le but est de démontrer, en fin de séjour, à l’agent d’immigration qui suit notre dossier, que nous avons notre place dans la province d’un point de vue économique.

En d’autres termes, à nous de convaincre les services d’immigration qu’on ne va pas s’installer au Canada pour pointer au chômage parce qu’on est spécialiste en horlogerie arménienne du XIXe siècle et que des horlogeries arméniennes, il n’y en a pas au Nouveau-Brunswick (pas à notre connaissance, en tout cas). Ou alors, il nous faut prouver qu’on peut se reconvertir dans l’horlogerie tout court, ou dans la manutention, les centres d’appel, la friture… bref, que l’on peut trouver un emploi une fois installé. Nous avons eu la forte impression que la province ne souhaitait pas accueillir de chômeurs potentiels. Étrange, non ?

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Pour démontrer notre viabilité économique, nous avons :

  • rencontré des associations d’aide à l’installation. Ce n’est pas quelque chose auquel on pense spontanément quand on toujours habité dans le même pays, mais ça existe, des assoc qui aident les nouveaux arrivants à ne pas trop pédaler dans la semoule en s’installant en terre inconnue. Nous sommes donc allés frapper à la porte des associations d’aide aux « nouveaux Canadiens », comme on les appelle, pour voir ce qu’elles pourront nous aider à faire (et on les en remercie d’avance) : préparer Martin à l’embauche et à la vie en anglais, mettre notre CV aux normes canadiennes, survivre aux démarches administratives pour notre installation, tisser un réseau… Visiblement, on ne sera pas seuls en arrivant et ça, c’est rassurant.
  • rencontré des entreprises d’informatique pour voir si les compétences de Martin sont demandées au Nouveau-Brunswick. Et bien oui, il semblerait que l’informatique soit relativement porteuse et ça, c’est une bonne nouvelle. Pas forcément exactement dans les technologies pour lesquelles Martin est spécialiste, mais il semble confiant.
  • rencontré des chambres de commerce et agences apparentées pour voir si Martine peut recréer son activité de traductrice libérale (« autonome », on dit là-bas). Chez le petit frère de l’Oncle Sam, la réponse est bien évidemment oui, donc c’est parti pour garder les clients actuels, dire au revoir à l’URSSAF et arriver avec un chiffre d’affaires déjà rondelet suffisant. Une agence de traduction serait même prête à la faire passer du côté obscur du salariat et à la débaucher pour travailler en tant que traductrice en interne.

Les personnes qui souhaiteraient des renseignements plus complets peuvent les trouver ici, ici ou ici.

Nous avons également fouiné du côté des banques, du coût de la vie, du prix de l’immobilier et de la disponibilité de nos fromages favoris. Pour nous, il s’agissait aussi d’aller au-delà de l’aspect purement professionnel et de voir si la province avait le potentiel de nous plaire. Nous sommes toujours un peu mitigés, tant le changement sera radical (déménagement intercontinental, passage d’une vie urbaine à rurale, environnement majoritairement anglophone et omniprésence des moustiques) mais notre philosophie est qu’on ne peut pas savooir tant qu’on n’a pas essayé.

L’entrevue de fin de séjour fut concluante, mais nous avons malgré tout mariné dans un doute pour le moins insoutenable pendant plus d’un mois et demi, en l’absence de communication déclarant explicitement que nous pouvions passer à la suite. Ce n’est donc que début août que nous avons reçu avec des larmes de joie un immense plaisir la lettre nous indiquant que notre séjour avait convaincu les agents d’immigration et que nous pouvions poursuivre en déposant notre dossier auprès de la province et de l’État fédéral. Nous en sommes actuellement là.

Une prochaine fois, je vous présenterai les dossiers provinciaux et fédéraux, affectueusement surnommés conjointement « le bottin » 🙂

 Et si, on a quand même voyagé un peu après notre voyage d’exploration, pour chercher des endroits où s’installer et puis flûte, c’était quand même nos vacances de l’été 2013, à la fin.

Ça vous a plu ? Vous en voulez encore ?

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